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Rucher Ecole Enchenberg

Les actualités du syndicat des apiculteurs de Thann et environs et du monde des abeilles.

Cette page présente nos activités au Rucher école, les actualités du syndicat des apiculteurs de Thann et environs et des articles concernant le monde apicole et le monde des abeilles.

Conférence sur frelon asiatique dans le Haut-Rhin

Samedi 24 février 2024 a eu lieu, à l’Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Mulhouse, une réunion d’information pour les apiculteurs du Haut-Rhin concernant l’arrivée du frelon Vespa velituna nigrithorax, dit frelon asiatique ou à pattes jaunes. Pour mémoire, l’insecte a été repéré dans un nid primaire à Houssen près de Colmar en juin 2023, d’autres signalement ont été faits par la suite dans le Haut-Rhin, notamment dans le sud du département. Rappelons que ce frelon progresse dans son invasion territoriale de 80 km tous les ans et qu’il été depuis un certain nombre d’années à proximité de Belfort. Cette formation a été organisée par le GDSA 68 et 67, la Fédération des apiculteurs du Haut-Rhin et du Bas-Rhin ainsi que par la Confédération des apiculteurs d’Alsace. Dans un premier temps M. Sean Durkin, référent Frelon Asiatique du 68, nous a présenté la biologie de l’insecte, par la suite M. Michel AME, référent du Val d’Oise qui est confronté au problème depuis près de 15 ans, nous a fait part du plan de lutte mis en œuvre dans ce département et a échangé avec nous de leurs retours d’expériences, puis M. Christophe MOINS depuis l’Ardèche nous a présenté le site le FRELON.com qu’il a construit bénévolement et enfin Mme Daniéla Hozlze de la société Beevital nous a présentés le piège Beevital pour lutter contre ce fléau. Tous ont souligné l’importance du piégeage au printemps des reines fondatrices mais en prenant soin d’épargner les autres espèces notamment Vespa crabro, le frelon européen qui est en compétition avec l’envahisseur. Il faut absolument utiliser des pièges les plus sélectifs possibles au printemps puis piéger en automne les ouvrières qui viennent se servirent aux ruchers…

Présentation

Février 2024
Du miel ukrainien à moins de 2€ le kg !

Un journaliste de France Info Provence-Alpes-Côte d’Azur, en suivant les blocages d’autoroutes dans le sud de la France, a accompagné des apiculteurs qui ont intercepté un camion transportant du miel en provenance d’Ukraine. L’Ukraine est un grand producteur de miels et avec la guerre provoquée par la Russie, elle s’est retrouvée avec un stock élevé en 2022 qui en a fait baisser les prix. "C'est un miel vendu à moins de 2€ le kilogramme pour les grandes et moyennes surfaces", dénonce Romain Nardi, apiculteur. "Les apiculteurs français ne peuvent pas se permettre de vendre le même type de miel en dessous de 5€ le kilogramme. "On en est presque à vendre notre miel à perte", dénonce-t-il. Certains apiculteurs français sont mobilisés dans le mouvement des agriculteurs, pour alerter sur leur propre situation. Ils craignent à terme la disparition de l'apiculture française. Le Bassin de la Mer Noire n'est pas seulement le grenier de l'Europe, c'est aussi son rucher. Vu la provenance, par solidarité avec l'Ukraine, les apiculteurs n'ont pas souhaité détruire la marchandise. Mais ils en ont prélevé une partie et envoyé à un laboratoire, pour s'assurer, d'une part, qu'il s'agissait de miel véritable (en raison des prix élevés et de la baisse de production, certains pays n'hésitent pas à fabriquer des miels de synthèse) et d'autre part, que la provenance était bien ukrainienne. "Les produits importés d'Ukraine ont été détaxés par solidarité, sans qu'aucune compensation ne soit versée sur la filière française", explique Silvère Bru, apiculteur. Une rencontre avec le conditionneur est prévue, pour discuter des perspectives de l'apiculture française, menacée par la concurrence étrangère. Cet exemple montre bien la complexité du marché des denrées alimentaires, pressions sur les tarifs par les centrales d’achat, complicité des conditionneurs, mais aussi des clients qui cherchent un prix et de l’état qui autorise des détaxes sur les importations sans compensation pour la filière. L’apiculture comme l’agriculture se trouve entre le marteau et l’enclume….

Interception A6

Janvier 2024
La forêt des abeilles sauvages

Sur Arte Tv, vous pouvez visionner un reportage sur les abeilles à l'état sauvage dans nos forêts, de belles images qui rappellent les liens entre espèces qui font la force de la nature : la biodiversité !

Le lien fonctionnera jusqu'a fin février.

https://www.arte.tv/fr/videos/098805-000-A/la-foret-des-abeilles-sauvages/

Arte TV

Janvier 2024
Le miel dans tous ses états !

Le mardi 12 décembre 2023, les députés européens ont voté un texte obligeant les vendeurs à indiquer sur l’étiquette les pays d’origines des miels, par ordre décroissant selon la proportion du mélange dans le pot, avec une indication du pourcentage. Ce dispositif est déjà obligatoire depuis 2022 en France. Rappelons que cette année a été une année normale du point de vue de la production en France avec 20 000 tonnes récoltes par rapport avec les 14 000 tonnes de 2022 (10 000 en 2021, une année catastrophique). Il faut toutefois comparer cette production avec la consommation qui s’élève quant à elle à 40 000 tonnes par an. Les députés européens souhaitent aller plus loin encore, en créant un laboratoire européen de référence contre les falsifications de miels. Pour rappel, une étude de mars 2023, à consulter ci-dessous, de l’OLAF, office de lutte contre la fraude en Europe, montrait que près de 50 % des miels commercialisés en Europe était coupés aux sirops de sucres, d’où un prix de vente possible de 2.5 euros le kg contre 6 à 8 pour un miel français. Ce qui permet des marges honteuses pour les négociants au détriment des consommateurs et une mévente pour les producteurs obligés à s’aligner…

miel

Décembre 2023
C’est l’automne et l’époque des déclarations de ruches !

Comme chaque année et avant le 31 décembre, il nous faut faire la déclaration des ruches auprès du ministère de l’agriculture. Comme vous le savez, en principe cette déclaration n’a rien à voir avec la déclaration des revenus provenant de la vente de miel. Cette déclaration a simplement pour but de comptabiliser le nombre total de colonies d’abeilles sur le territoire Français et ce, afin d’obtenir des subventions de l’UE en rapport avec ce nombre de ruches. Le ministère de l’agriculture nous demande donc de déclarer toutes les colonies d’abeilles qu’elles soient en ruches productrices, en ruchettes ou en nucleï. Par ce recensement, l’action des différents groupements sanitaires départementaux est grandement facilitée et l’efficacité des leurs interventions est considérablement simplifiée en cas de maladies contagieuses par exemple. Cette décalration est aussi consultée par les autorités en cas de vols ou dégradations de vos ruches. Pour le déclarant la procédure est très simple et très rapide (attention munissez-vous de votre numéro apicole), si la déclaration est faite par internet puisqu’il suffit de remplir le formulaire Cerfa 13995*04 via le site :

https://agriculture-portail.6tzen.fr/default/requests/Cerfa13995/

Pour ceux qui préfèrent faire une déclaration papier par poste, le formulaire Cerfa 13995*04 est disponible sur la page principale de notre site en format.pdf imprimable. Une fois remplit, ce formulaire doit être envoyé par poste à l’adresse indiquée sur le formulaire.

Lien pour télécharger le formulaire Cerfa 13995*04 à imprimer

Décembre 2023
Congrès des Apiculteurs du Haut-Rhin

Le dimanche 22 octobre 2023, a eu lieu le Congrès de la Fédération des apiculteurs du Haut-Rhin à Uffholtz. Organisé par le Syndicat des Apiculteurs de Thann et Environs, sous la houlette du Président Robert Hummel, une activité telle une ruche s’est mise en œuvre pour accueillir, le président du SNA, Syndicat National des Apiculteurs, Franck Alétru, le président de la Confédération des Apiculteurs d’Alsace, Daniel Bembenek et le président de la Fédération des Apiculteurs du Haut-Rhin, André Frieh. Cette réunion qui a aussi rassemblée de nombreux présidents de syndicats a été l’occasion d’échanges d’informations et bien entendu la tenue de l’Assemblée Générale de la Fédération. Ce Congrès s’est poursuivi par un repas concocté par une équipe d’apprentis cuisiniers et de serveurs du Lycée Pontet de Thann encadrée par M. Nunninger et d’autres enseignants. L’assemblée a apprécié le professionnalisme de ces jeunes en cours de formation et les délicieuses bouchées à la reine « cuisinées comme à la maison ». Merci à chacuns pour ses contributions.

Congrès 2023

20231022BrigadePontet

Octobre 2023
Le Frelon asiatique débarque dans le Haut-Rhin

Longtemps épargné, le Haut-Rhin, dernier département de Métropole a ne pas être touché par le frelon asisatique est atteint en plein coeur : Colmar. Un frelon asiatique, une ouvrière pour être précis a été attrapée à Houssen par un apiculteur le 25 mai 2023. Le cas a été confirmé par le vétérinaire Dr Calais, référent national.Le GDSA propose d'adopter la stratégie de lutte suivante : Des pièges seront mis en place dans une zone délimitée par un rayon de 2 km autour du point d'observation. Il s'agira dans un premier temps d'observer la présence du FA dans le secteur concerné en faisant l'inventaire de ce qui est piégé au fil du temps. Il est prévu la mise en place de 8 pièges (appât = sirop de grenadine - vin blanc - bière). Alain Herzog - Tél. : 07 55 53 06 44 est chargé du pilotage des opérations (relevé et rassemblement des informations) et d’informer les mairies des communes environnantes. Etienne Calais attire l'attention sur le fait que le piégeage à outrance n'a aucun sens ; il doit impérativement cibler le secteur concerné. Le piégeage de printemps est une autre affaire, mais nous n'en sommes pas là pour le moment. Nous pourrons dès à présent rechercher les nids primaires dans les secteurs concernés. Ils se trouvent généralement dans des cabanes, des ruches vides, ou sous les auvents des bâtiments, les fenêtres, les greniers, etc. À noter que les nids secondaires n'apparaîtront qu’à partir du mois de juillet. Chaque apiculteur doit observer s'il existe une éventuelle prédation sur son rucher. Il est important de noter que la pression du FA est généralement plus forte à partir du mois d'août. Toute observation doit être remontée au GDSA 68 par le biais de notre référent FA (prendre impérativement des photos) : André Frieh – a.frieh@orange.fr – tél : 06 81 07 97 82. Précision importante sur la destruction des nids : cette opération doit être réalisée en toute fin de journée. En effet, il faut détruire le maximum de frelons et cela n’est possible que lorsque toutes les ouvrières sont revenues au nid. ). Ci-dessous une brochure explcative de la situation.

Lien pour télécharger la brochure Fredon

FA

Juin 2023
Vols de ruches - Rapport du Sénat

En 2020, 12 096 ruches ont été signalées comme volées, soit une augmentation de 39 % par rapport à l'année précédente. Ces vols sont préjudiciables pour les apiculteurs car ils peuvent causer des pertes importantes en termes de production de miel et d'abeilles. Ils ont également un impact négatif sur la pollinisation des cultures et la biodiversité en général. Le vol de ruches, comme tout vol, est puni, aux termes de l'article 313-1 du code pénal, d'une peine de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. Les circonstances de sa commission (vol commis en réunion, avec dégradations ou en pénétrant par effraction ou par ruse dans un local destiné à l'entrepôt de marchandises ou matériels), permettent d'aggraver les peines encourues à 5, 7 ou 10 ans d'emprisonnement et 75 000, 100 000 ou 150 000 euros d'amende en fonction du nombre de circonstances aggravantes relevées (1, 2 ou 3). Par ailleurs, a été mise en place en octobre 2019 une cellule nationale de suivi des atteintes au monde agricole nommée Déméter à la direction générale de la gendarmerie nationale pour notamment gérer, identifier et poursuivre les auteurs d'intrusions, d'atteintes aux biens ou d'agressions chez des agriculteurs. Fruit de ces efforts, la baisse des atteintes aux biens en milieu agricole constatée en 2020 (baisse 16 % entre 2019 et 2020) s'est poursuivie en 2021, avec une régression de 14 % de ce type de délinquance durant les neuf premiers mois de l'année au regard de la même période de l'année précédente (source Service central de renseignement criminel et cellule Déméter de la DGGN, 2021).

Lien pour télécharger le Rapport du Sénat

Gendarmerie sur les lieux d'un vol de ruches

Mai 2023
Alerte aux miels frelatés

« Tout ce qui est rare est cher » disent les anciens. Après des années de productions de miels catastrophiques en France et en Europe et une consommation à la hausse, une étude de l’OLAF (Office européen de lutte antifraude) montre que la moitié des miels importés en Europe est frelatée. Il faut rappeler que la Directive 2001/110 CE, définit le miel comme étant : « la substance sucrée naturelle produite par les abeilles de l'espèce Apis mellifera à partir du nectar de plantes ou des secrétions provenant de parties vivantes des plantes ou des excrétions laissées sur celles-ci par des insectes suceurs, qu'elles butinent, transforment, en les combinant avec des matières spécifiques propres, déposent, déshydratent, entreposent et laissent mûrir dans les rayons de la ruche ». L’UE importe 40 % de la consommation des miels, il s’avère que sur 320 échantillons contrôlés dans 16 états membres 46% sont fortement suspectés d’avoir eu un ajout de sirop de riz ou de blé. La dernière campagne de mesure date de 2015-2017 ou 14 % des miels contrôlés avaient dérogé à la définition du miel. Il faut rendre attentif tout le monde : les apiculteurs, nous avons un rôle à tenir par l’exemplarité de notre activité afin garantir la qualité du travail de nos abeilles. Régulièrement des irrégularités sont révélées par la DGCCRF Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes ou des associations de consommateurs. Mais, il s’agissait jusqu’ici, majoritaire des défauts de conformité d’informations (problème de cru, miel étiqueté sapin alors qu’il s’agit de forêt, par exemple, problème de date limite d’utilisation optimale…), selon le DGCCRF en 2015 seul 10 % des miels avaient été déclarés adultérés (soit adjonction de sucre, soit un taux d’humidité > à 18 %). Aujourd’hui, il s’agit de 46% des miels importés, où il y a eu ajout de sucres ! Nous ne sommes plus dans les mêmes rapports, il s’agit simplement de vol organisé, par duperie du consommateur. Duperie organisée par les pays, comme la Chine et la Turquie, qui sont cités dans le rapport de l’OLAF, alors que l’OMC (Organisation mondiale du Commerce) demande aux pays exportateurs de garantir les contrôles au départ de la marchandise… Pourtant, un sénateur vient d’interpeller le gouvernement (Question écrite n° 05806 de M. Max Brisson (Pyrénées-Atlantiques - Les Républicains) publiée dans le JO Sénat du 16/03/2023 - page 1801 : « Les fraudes sur le miel sont nombreuses et s'exercent tout particulièrement sur les marchés courts, à l'instar des conclusions d'une enquête publiée en 2019 par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui affirme que les produits « vendus par la grande distribution sont globalement bien surveillés par les grossistes qui effectuent des analyses pour s'assurer de la qualité des produits ». Le caractère non obligatoire de ces analyses provoque ainsi un risque de fraude important qui peut lui même engendrer une situation de concurrence déloyale entre un miel authentique et une contrefaçon. » En quelque sorte le petit producteur doit prendre en charge l’inefficacité du fonctionnement du libre-échange voulu par l’OMC et au lieu de demander le respect des règles par ces états, ce Sénateur souhaite encore plus de contraintes pour les producteurs en France. Vous trouverez ci-dessous le lien pour accéder au rapport de l'OLFA et le lien du site du Sénat pour lire la question au gouvernement du Sénateur. C'est affligeant !

Le site de l'OLAF

La question du Sénateur Brisson sur le site du Sénat

Miel en cours de fermentation - Photo OLFA 2023

Mars 2023
Les abeilles apprennent à danser !

Un article du Monde du 15 mars 2023, nous fait part d'une étude scientifique publiée dans la revue Science, elle concerne nos abeilles et leur intelligence collective. Longtemps les êtres humains pensaient avoir des facultés exceptionnelles que l’on nomme « le propre de l’homme ». Les animaux fonctionneraient qu’à l’instinct, l’apprentissage ne pouvant que porter sur de comportements simples. Un article publié dans Science le 09 mars 2023 montre que les animaux sont capables d’apprendre, de transmettre des connaissances, des compétences. Cette démonstration a été faite grâce à la danse des abeilles. En effet, nous savons qu’une butineuse est capable d’indiquer grâce à une danse sur les cadres auprès de ses congénères l’endroit où se trouve le butin, en donnant la direction, la distance et un aperçu du gout ou de l’odeur. Karl von Frisch pensait que ce langage était inné. Personne n’osait mettre en cause ce « dogme » issu d’un Prix Nobel de Médecine en 1973, pourtant des scientifiques de l’Université de Californie à San Diégo et du Jardin botanique de Kunming en Chine ont réalisé des essais qui ont prouvés une évolution des informations dans la ruche en fonction de la population qui la compose. En effet, ils ont réalisé des colonies exclusivement à partir de jeunes abeilles et comparé avec des colonies classiques avec des abeilles de différents âges. Les comportements n’étaient pas les mêmes, dans les colonies aux âges variés, les jeunes abeilles découvrent la danse en observant les ainées, puis s’y risquent. Si dans toutes les colonies, les butineuses sortent au même âge et rentrent à la ruche en faisant une danse, dans les premières colonies elles agissent à l’instinct et réalisent une danse désordonnée, commettent des erreurs dans l’angle avec le soleil et échouent à indiquer la distance. A l’inverse, les autres juvéniles réalisent l’exercice parfaitement. Pourtant, avec les temps les premières non initiées améliorent leurs indications directionnelles et la régularité des danses, les descriptions des distances s’améliorant dans le temps avec l’âge des butineuses. « L’entrainement et l’observation des congénères jouent sans doute sur les deux aspects, mais l’apprentissage du codage de la distance ne peut se faire qu’à un âge précoce » selon les chercheurs qui vont s’employer à vérifier cette hypothèse. p

La revue Science de mars 2023

Schéma d'étude de la danse des abeilles selon Karl von Frisch

Mars 2023
Les haies vives : de multiples services pour l'apiculture, l’agriculture et la société

Les arbres et haies champêtres sont de véritables « couteaux suisses » remplissant de très nombreux services à la fois agronomiques (protection du bétail et des cultures, réserves fourragères estivales, etc.), productifs (bois de chauffage, paillage, etc.) et environnementaux (préserver les abris, des auxiliaires de cultures, lutter contre l'érosion des sols, améliorer la qualité et l'infiltration de l'eau dans le sol, etc.). Alors qu’un point de non-retour est sur le point d'être atteint pour le climat, la biodiversité, les ressources, l’énergie, les pratiques de l’agriculture. Le Syndicat des apiculteurs de Thann et env. a donné l’exemple au rucher de Jungholtz en plantant une seconde haie vive de 50 mètres, le 01 mars 2023, après une première à haie l’ouest de la parcelle et des arbres fruitiers plantés en 2021 dans ce rucher.

Plantation à Jungholtz

Mars 2023
Vive le lobby des néonicotinoïdes, qui est en pleine action...

Une chronique de M. Guillaume Roquette sur France-Inter, du 07 février 2023, sur les néonicotinoïdes est littéralement scandaleuse. Pour rappel, lors de leur mise sur le marché en 1995, les producteurs de ces nouveaux produits phytosanitaires, nous expliquaient qu'il n'y avait pas de danger pour les abeilles. Depuis le milieu des années 2000, les apiculteurs ont vu une baisse de population des colonies. Des études scientifiques ont prouvé que les abeilles étaient désorientées, donc ne mourraient pas instantanément comme le prouvaient effectivement les études des entreprises mettant les produits sur le marché. Mais lorsque les butineuses ne rentrent pas à la ruche, la colonie s’affaiblit. Des études scientifiques indépendantes, nous ont appris depuis une baisse des insectes de 80 % dans certains pays, en fait l'abeille est une sentinelle. Sans les apiculteurs nous aurions découvert cet effet délétère sur la biodiversité bien plus tard. En 2018, l'Europe en interdit la commericialisation avec des possibilité de dérogations. En janvier 2023 la Cour Europpéenne de Justice met fin à ces déroagtions (voir actualité de janvier ci dessous). Cette chronique revient sur cette interdiction mais ce qu'elle n'explique pas, c'est l'effet rémanent des molécules. Bien sûr, il n'y a pas de fleurs de betteraves lors de la récolte pour le sucre. Mais pendant 4 ans, c'est aujourd'hui prouvé, ces pesticides se retrouvent dans le nectar et même le pollen selon une étude américaine de 2022. En effet les autres plantations cultivées dans les mêmes champs subissent le traitement présent dans le sol et qu'elles absobent par leurs racines et ces produits vont donc perturber la vie des insectes en contact avec ces molécules. Comme le dit M. Roquette, depuis les années 1990, les betteraviers utilisent ces produits, c'est à se demander pourquoi ils n’ont pas fait des recherches plus tôt pour trouver des alternatives. Le lobby de la chimie réussi bien son travail, la preuve aujourd’hui. Pourtant, il y a une baisse de la production des miels de 50 % depuis des années malgré un travail sérieux des apiculteurs, une baisse de 80 % du nombre d'insectes et du nombre d’oiseaux,..., on ne sait pas comment les faire entendre raisons. Dans tous les cas c'est inacceptable de faire de telles déclarations sans donner tous les éléments connus aujourd'hui sur ces produits.

Pour aller plus loin dans vos lectures : La Saga des néonicotinoïdes

La chronique de M. Guillaume Roquette sur France-Inter

Réagissez en adressant un message à France-Inter

Février 2023

Le premier vaccin contre la Loque Américaine est mis sur le marché américain

Le site du rucher école de Thann avait déjà en 2018 mentionné la recherche pour un vaccin contre la Loque américaine. Nous y voilà, des chercheurs de l’étude financée par Dalan Animal Health rappelent que « la maladie de la loque américaine (AFB) est une maladie bactérienne du couvain très contagieuse qui touche les abeilles mellifères (Apis) et qui entraîne des pertes de ruches dans le monde entier. L’agent responsable est la bactérie Paenibacillus larvae, qui est capable d’infecter les larves d’abeilles pendant les 3 premiers jours de leur vie. Elle peut être trouvée dans les ruches du monde entier avec des spores viables pendant des décennies. Les antibiotiques [interdits en Europe pour les abeilles] sont largement inefficaces dans le traitement de la maladie car ils ne sont efficaces que contre l’état végétatif. […] Les spores peuvent persister pendant des décennies dans l’environnement, restant virulentes pendant toute cette période, et constituent ainsi une menace permanente pour les colonies d’abeilles domestiques. » C’est par la transmission de l’immunité transgénérationnelle que la protection a lieu. Le processus consiste à introduire le produit contenant des larves ayant succombé à la loque américaine à de la gelée royale, que les abeilles ouvrières donnent à la reine. La conclusion de l’étude qui a permis l’autorisation encore restreinte du vaccin est que « l’infection par AFB peut être réduite d’environ 30 à 50% dans les conditions de laboratoire après la vaccination des reines ». Puisque l’étude précise également que lorsqu’une ruche est contaminée, « le seul moyen efficace de l’éradiquer et d’empêcher la propagation de la maladie est de brûler la ruche, l’équipement et la colonie », on peut d’ores et déjà se demander si une réduction de la contamination du nombre d’abeilles au sein d’une ruche empêchera la destruction de cette ruche… Le futur ne manque pas d’avenir, peut-on se réjouir ? Effectivement, la loque est très contagieuse et dangereuse pour les abeilles. Mais faut-il rappeler que la formation des apicultrices et apiculteurs reste le meilleur moyen de lutte contre les maladies. Qu’il est nécessaire de supprimer les vieux cadres, d’avoir des ruches populeuses et saines, respecter la prophylaxie, … Ce pseudo-vaccin, va s’il est inoculé aux abeilles, permettre à certains de se dédouaner des bonnes pratiques. Nous deviendrons non plus des bergers des abeilles mais de vrais exploitants des abeilles, sans tenir compte de leur bien-être.

La loque amércaine

Février 2023
Les néonicotinoïdes définitevement interdits

Les Juges de la Cour de Justice Européenne viennent d’interdire l’usage dérogatoire des pesticides néonicotinoïdes pour traiter les betteraves contre la jaunisse. Dans l’arrêté rendu le 19 janvier 2023, elle précise « la protection de la santé et de l’environnement l’emporte sur l’objectif d’amélioration de la production végétale et les intérêts des lobbys de l’agrochimie ». Le gouvernement francais par la voix du Ministre de l'agricultulture, Marc Fesneau, prend acte et l'état ne demandera plus de dérogations. C'est une belle victoire pour la biodiversité.

Janvier 2023
Personne ne connait la COP sur la biodiversité

Tout le monde connait les COP (Conference of the Parties) sur le réchauffement climatique, personne ne connait celles sur le vivant. Pourtant, depuis le Sommet de Rio en 1992, qui sonnait déjà l’alarme, les preuves d’une sixième extinction s’accumulent. Depuis ce même sommet, la préservation de la biodiversité est considérée comme un des enjeux essentiels du développement durable dont la définition et aussi donné lors du sommet, comme étant : « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Cette COP 15 sur la biodiversité se tiendra du 07 au 19 décembre 2022 à Montréal, initialement prévue à Kumming en Chine, celle-ci a été reportée trois fois de suite pour raison de Covid, elle finit par déménager au Canada. Aucun chef d’Etat n’y participe, alors qu’ils se sont tous précipités à Charm el-Cheikh à la COP 27 sur le climat. Les vers de terre, les abeilles, les coléoptères ne comptent pas beaucoup. Pourtant, les économistes reconnaissent un service écosystémique qui est sonnant et trébuchant, bien qu’invisible ou peu visible, il représente 125 mille milliard de Dollars (source FAO –Organisation des Nations Unis pour l’Alimentation). Nous connaissons tous le rôle polinisateur de nos abeilles, qui bénéficient à 50 % des cultures alimentaires. Or nous connaissons en France grâce au travail des taxonomistes (biologiste de espèces) 200 000 espèces en France, en métropole tous les êtres vivants sont inventoriés, mais pas dans les territoires d’outre-mer, où ils sont bien plus nombreux. Dans le monde, le Catalogue of Live, une base de données mondiale sur les espèces en répertorie 1.9 million, en fait, il en existerait selon les experts 3 à 4 fois plus, soit plus de 6 millions, pour l’heure inconnues. De plus, avec les 500 taxonomistes dans le monde, il faudrait 300 ans pour les classer. Aujourd’hui, 1 million selon l’IPBES (Plateforme internationale des chercheurs en biodiversité) sont menacés d’extinction, nous n’en connaissons pas le rôle dans l’environnement. Ces espèces sont détruites sans que nous n’en connaissions rien : tuer des êtres vivants qui n’existent pas. Pourtant l’adage populaire dit « que le crime parfait n’excite pas ».

Le bourdon

Décembre 2022
C’est l’automne et l’époque des déclarations de ruches !

Comme chaque année et avant le 31 décembre, il nous faut faire la déclaration des ruches auprès du ministère de l’agriculture. Comme vous le savez, en principe cette déclaration n’a rien à voir avec la déclaration des revenus provenant de la vente de miel. Cette déclaration a simplement pour but de comptabiliser le nombre total de colonies d’abeilles sur le territoire Français et ce, afin d’obtenir des subventions de l’UE en rapport avec ce nombre de ruches. Le ministère de l’agriculture nous demande donc de déclarer toutes les colonies d’abeilles qu’elles soient en ruches productrices, en ruchettes ou en nucleï. Par ce recensement, l’action des différents groupements sanitaires départementaux est grandement facilitée et l’efficacité des leurs interventions est considérablement simplifiée en cas de maladies contagieuses par exemple. Cette décalration est aussi consultée par les autorités en cas de vols ou dégradations de vos ruches. Pour le déclarant la procédure est très simple et très rapide si la déclaration est faite par internet puisqu’il suffit de remplir le formulaire Cerfa 13995*04 via le site :

https://agriculture-portail.6tzen.fr/default/requests/Cerfa13995/

Pour ceux qui préfèrent faire une déclaration papier par poste, le formulaire Cerfa 13995*04 est disponible sur la page principale de notre site en format.pdf imprimable. Une fois remplit, ce formulaire doit être envoyé par poste à l’adresse indiquée sur le formulaire.

Lien pour télécharger le formulaire Cerfa 13995*04 à imprimer

Novembre 2022
Concours des Miels d'Alsace 2022

Comme tous les ans, le concours des miels d’Alsace a eu lieu le samedi 01 octobre 2022, au Lycée agricole du Pflixbourg à Wintzenheim. En tout, 179 échantillons ont été présentés, ils ont d’abord subi une batterie de tests physico-chimiques au Laboratoire alsacien d’analyses (ex. Laboratoire département d’analyses vétérinaires). La conductimétrie, le pH, l’indice de Pfund, la taux d’humidité, le taux d’HMF, sont mesurés et selon les résultats obtenus certains miels peuvent être reclassés dans un cru différents. Cette année cela a été le cas de 8 échantillons et 2 ont été éliminés car déclarés non conforme, car présence de trop d'humidité ou de HMF dans les échantillons. Des apiculteurs du Syndicat des apiculteurs de Thann et environs ont déposé 10 échantillons de 3 crus différents, miels de fleurs, de forêt et fleurs crémeux. Le palmarès est le suivant : Miels de fleurs : Médailles d’or : Daniel Bembenek, Sébastien Fournier, Frédéric Schubnel ; Médaille d’argent : Robert Hummel ; Médaille de bronze : Jean-Marie Bruckert ; Conformité : Vincent Cerbino et Salem Sadi. Miels de forêt : Médaille d’argent : Daniel Bembenek; Médaille de bronze : Jean-Marie Bruckert. Miel de fleurs crémeux : Médaille d’argent : Stéphane Binder. Sincères félicitations à tous !

Présentation des échantillons

Octobre 2022

Explications de la longévité des reines chez les hyménoptères

Le temps qui passe ne marque pas autant les reines que les ouvrières, chez les insectes sociaux. Nous en savons quelque chose, avec nos reines qui vivent 3, 4 ans alors que les ouvrières vivent 40 jours en été et 4 mois en hiver. Elles sont pourtant issues du même œuf et présentent donc un génome identique, tout ne tient pas de l’ADN. Nous connaissons l’importance de la gelée royale. Des études chez les fourmis, publiées dans la Revue Science propose une piste de longévité : l’insuline. Des biologistes de la New York University (NYU) ont voulu comprendre comment les reines métabolisent cette hormone. Ils ont étudié les fourmis sauteuses d’Inde, ou les travailleuses vivent 7 mois et les reines 5 ans. Ils ont observé les productions des transmetteurs d’insuline Mitogen-Activated Protein Kinase (MAPK) et la Protéine Kinase B (AKT) qui régulent le taux d’insuline dans l’organisme. Cette dernière molécule AKT engendre en fait le vieillissement des cellules, or sa production est bloquée chez les reines, cela expliquerait le métabolisme accru sans veillissement.

La reine et sa cour

Article de la Revue Science

Septembre 2022

Aethina Tumida - petit coléoptère de la ruche arrive à la Réunion en 2022

Le petit coléoptère des ruches « Æthina Tumida » est un parasite ravageur des colonies d’abeilles présent dans plusieurs pays répartis sur tous les continents. Sa multiplication peut entraîner un affaiblissement ou la mort de la colonie. Se nourrissant du couvain, du miel et du pain d'abeilles, il détruit les cadres des ruches et entraîne une fermentation du miel. L’introduction en France de ce danger sanitaire de première catégorie aurait des conséquences sanitaires et économiques lourdes pour la filière apicole. En Europe, il a été découvert en 2014 dans le sud de l'Italie. Sa dissémination est actuellement limitée à la région de la Calabre. En juillet 2022, un foyer a été confirmé dans un rucher à La Réunion. Sans doute, depuis l’arrivée de varroas dans l’ile en 2017, les apiculteurs font face à de grosses pertes de colonies qu’ils remplacent par des importations. Restons vigilants !

Larves d'Aethina Tumida

Brochure Aethina Tumida

Juillet 2022

Pesticides, quoi de neuf au printemps 2022 ?

Les résidus de pesticides chimiques sur les fruits cultivés dans l'Union européenne ont augmenté entre 2011 et 2019, alors que les États membres auraient dû en limiter l'utilisation au profit de produits de substitution, selon une étude de l'ONG PAN (Pesticide Action Network) Europe publiée ce mardi 24 mai 2022. L'étude, basée sur l'analyse de quelque 97 000 échantillons de fruits frais (pêches, fraises, cerises, pommes, etc.), affirme que près d'un échantillon sur trois (29 %) était contaminé par des traces de pesticides chimiques contre 18 % en 2011. Or depuis 2011, relève cette ONG spécialisée, les États membres sont censés encourager les produits de substitution pour limiter autant que possible le recours à ces pesticides de synthèse - herbicides, fongicides, insecticides - considérés comme les plus à risque et dont l'autorisation est plus strictement réglementée dans l'UE. La controverse sur le glyphosate n'a, jusqu'à présent, guère porté que sur sa sécurité sanitaire, pour les travailleurs agricoles et les consommateurs. Une équipe de chercheurs allemands de l'université de Constance et de l'institut Max-Planck éclaire le débat sur ses effets environnementaux. Dans une étude publiée vendredi 3 juin dans Science, la biologiste Anja Weidenmüller et ses coauteurs montrent pour la première fois que le célèbre herbicide le pesticide de synthèse le plus utilisé au monde, altère la capacité des colonies de bourdons terrestres (Bombus terrestris) à réguler la température de leur nid. Un effet qui ne survient que lorsque ces pollinisateurs subissent un stress alimentaire et qui menace leur capacité de reproduction. La même semaine, nous apprenons que la bataille pour la réautorisation, ou non, du glyphosate bat son plein. L'Agence européenne des produits chimiques estime à nouveau injustifié son classement comme cancérogène. Et ce, malgré de nombreux avis contraires. Près de 60 % des études de toxicité et d'écotoxicité du glyphosate publiées n'ont pas été prises en compte par ce groupement, indiquait, en septembre dernier, Générations futures, qui dénonce une sélection des études réalisée par les industriels eux-mêmes. En janvier dernier, la Commission nationale déontologie et alertes en santé publique et environnement (CnDaspe) a également dénoncé des biais dans la sélection des études ayant servi à l'élaboration du prérapport des quatre États membres et l'éviction d'emblée des classifications cancérogène, mutagène, reprotoxique ou perturbateur endocrinien de la substance. Après avoir analysé les avis des deux agences et le rapport d'évaluation des quatre États membres formant le groupe d'évaluation du glyphosate, la Commission présentera aux Vingt-Sept un rapport de renouvellement et un projet de règlement sur le renouvellement, ou non, de l'autorisation. En attendant, les bénéficiaires de l'autorisation auront déjà gagné un an. Et les pollinisateurs n’ont pas droit à la parole…

Le bourdon

Article de Libération sur les pesticides du 24 mai 2022

Article du Monde sur l'effet du glyphosate sur le bourdon du 04 juin 2022

Juin 2022

Comment des millions d'abeilles sont mortes de faim sur le tarmac d'un aéroport

200 caisses d’abeilles étaient destinées en l’Alaska à polliniser des pommes, myrtilles, oranges, amandes: de nombreuses cultures du coin dépendent en effet de ces expéditions faute de pollinisateurs locaux, bien souvent décimés par l'utilisation des pesticides. Malheureusement la compagnie aérienne les a stockées, par défaut de correspondance pour la destination finale, sur le tarmac de l’aéroport d’Atlanta sans tenir compte de leurs besoins physiologiques. Est-il utile de rappeler la nécessité absolue de bien aérer, pour leur permettre de respirer et ne pas s’asphyxier. De même, il convient de souligner que pour le bien-être de nos abeilles, il convient de transhumer la nuit. Au-delà de cette transhumance hors norme, nous pouvons nous interroger sur le modèle économique : nos abeilles devraient être bien plus que des biens de consommation ou des instruments de pollinisation.

Photo Robin Tutenges

Article Slate du 08 mai 2022

Mai 2022

Actualisation du protocole de mise sur le marché des pesticides : « Bee Guidance Document »

Un règlement européen de 2009 (CE-1107/2002) qui traite de la mise sur le marché des produits phytosanitaires exige qu’un pesticide soit mis sur le marché uniquement « s’il n’a pas d’effets aigus ou chroniques inacceptables sur la survie et le développement de la colonie d’abeilles mellifères ». Après sa synthèse, ce produit doit être testé afin d’en évaluer l’impact sur le terrain. L’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) pour y parvenir à rédiger un protocole (Bee Guidance Document) reprenant une « méthodologie d’évaluation de l’impact des produits pesticides sur les abeilles mellifères ». Ce document mentionne des valeurs seuils de toxicité à ne pas dépasser, malheureusement, toute la subtilité réside dans cette définition qui permettront à terme une mise sur le marché de ces pesticides. Ces seuils sont fixés de telle sorte qu’ils respectent des objectifs fixés par les états membres. Il a été décrété, par les Ministres de l’Agriculture des pays membres, qu’il était normal d’observer une perte de 10 % des colonies à la fin de l’hiver. Il est donc convenu qu’un pesticide provoquant la mortalité supérieure des colonies ne pourra pas être mise sur le marché. C’est fort regrettable, d’autant que des recommandations des scientifiques, des apiculteurs et des ONG allaient à l’encontre d’une telle limite.

Toutefois, il faut noter que nous venons de loin. Longtemps, la mise sur le marché des produits phytosanitaires se faisait sur la base d’essais réalisés par les industriels eux-mêmes. En 2011, l’EFSA a été saisie par la Commission européenne pour créer une méthodologie indépendante qui verra le jour en 2013, ce Bee Guidance Document a tenu compte notamment depuis 2019 des avancées scientifiques dans ce domaine, avec en plus la prise en compte des abeilles sauvages, les bourdons. Les états membres ont fixé des « seuils acceptables » pour ces insectes selon des données la SCoPAFF (Standing Committee on Plants, Animals, Food and Feed) qui regroupe des experts des ministères des différents états. Pour les bourdons, il a été observé que le taux de mortalité est similaire à celui des abeilles mellifères et un taux de perte tolérable de 10% a été dès lors proposé. Pour les abeilles sauvages, le taux de mortalité varie fortement d’une année à l’autre (de 0 à 150%) et un taux de mortalité acceptable de 3% a été envisagé comme proposition. Ce document révisé sera prochainement disponible publiquement à partir du mois de mai et jusqu’au mois de juin 2022, sur le site de l’EFSA. Enfin, ce document sera finalisé et publié entre le mois de juin et le mois de septembre 2022. Il va de soi, qu’actuellement, les industriels fabricants ces produits mettent la pression sur les politiques pour que cette méthodologie d’évaluation ne soit pas mise en œuvre.

Site de la Commission Européenne dédié à la protection des abeilles (en anglais)

Avril 2022

Les abeilles abandonnent le plus vieux rucher du monde

Le monumental rucher d'Inzerki, à Argana, se meurt, abandonné par les abeilles au printemps 2022. De réputation mondiale, il est au cœur de la réserve de biosphère de l'Arganeraie, dans le sud-ouest du Maroc, considéré comme « le plus ancien et le plus grand rucher collectif traditionnel au monde », selon les spécialistes, ce site date de 1850. « Cette désertion des ruches est un phénomène inédit au Maroc », constate l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), chargé de l'enquête, qui impute aux changements climatiques le « syndrome de l'effondrement des colonies d'abeilles ». L'ONSSA exclut l'hypothèse de maladies.

Les chercheurs en sciences apicoles, privilégient comme explication la pire sécheresse depuis 40 ans qui à frapper ce pays d'Afrique du nord. En outre, cette sécheresse peut être aujourd'hui amplifiée par la vulnérabilité des abeilles aux maladies, à la transhumance, aux pratiques agricoles intensives mais également à la volonté du pays d'augmenter sa production de miel. En effet, la production de miel a bondi de 69% en 10 ans, passant de 4,7 tonnes en 2009 à près de 8 tonnes en 2019, avec plus d'un milliard de dirhams (101 millions d'euros) de chiffre d'affaires, selon le ministère de l'Agriculture. Aujourd’hui, pour l'apiculteur Brahim Chatoui témoin de la disparition des abeilles, passant de 90 à 50 ruches en 2 mois, qui y possède un emplacement familial : « L'objectif n'est pas le miel mais surtout que le rucher soit préservé et que mes abeilles survivent en attendant des jours meilleurs ».

Le site du rucher collectif d'Inzerki

Pour lire l'article : le lien du site de l'Express

Avril 2022

Des nouvelles de la lutte contre le frelon asiatique.

Dans le cadre d'un partenariat franco-chinois, "les scientifiques ont identifié la phéromone sexuelle du frelon asiatique et l’ont testée comme appât en Chine et en France. Ils ont ainsi montré que l’appât phéromonal pouvait attirer de nombreux mâles durant la période de reproduction de l’espèce (de septembre à novembre) et ainsi les éloigner des futures reines à l’origine de nouvelles colonies", explique un communiqué de l'université de Tours." Ces résultats laissent espérer le développement prochain d’un piège de lutte contre ce frelon invasif, en utilisant cette phéromone sexuelle comme appât sélectif. Comme celui-ci est spécifique à l’espèce, il n’attire que les mâles du frelon asiatique. L’idée est de capturer ces mâles en grand nombre avant qu’ils ne puissent s’accoupler avec les futures reines frelon", selon le communiqué. Les reines "ne pouvant pas s’accoupler avec des mâles, ou alors pas suffisamment, il est envisageable d’imaginer à terme une diminution du nombre de colonies de frelons asiatiques sur le terrain ou des colonies moins populeuses (....) Et si elles s’accouplent avec leurs frères, le phénomène de consanguinité que les chercheurs français avaient mis en évidence s’accroît, donnant lieu également à une diminution du nombre d’individus", relèvent les scientifiques.

Annonce du CNRS du 08 février 2022

Février 2022

Bilan apicole National et Grand Est 2020.

Découvrez les bilans apicoles de l’année 2020, au niveau national et régional du grand Est. Faut-il le rappeler l’année 2020 a été une relative bonne année, en fait, une année normale car 2019 et 2021 auront été des années exceptionnellement mauvaises du point de vue production de miels. Ce bilan permet de constater que les colonies avaient relativement bien passées l’hiver avec une mortalité de 18 % au niveau national, un rendement de près de 24 kg par ruche de production, avec un miel toutes fleurs qui aura été le plus produit en France cette année-là. Par ailleurs nous pourrons constater dans ce bilan que malgré une belle année de production, la France a beaucoup importé de miels, près de 35 000 tonnes, notamment d’Espagne, d’Allemagne, d’Ukraine et d’Argentine. Par contre selon les Douanes, elle a vendu 5 000 tonnes en Europe notamment Suède, Italie et Espagne. Dans l’ensemble selon les déclarations des apiculteurs ayant contribués a cette analyse, 2020 a été une bonne année en raison de 3 paramètres : belle météorologie, peu de pertes hivernales et une grande richesse de ressources florales. Espèrons le même allignement des planètes pour l'année 2022, nous serons bientôt fixés. Bonne lecture !

Lien pour télécharger le Bilan Apicole 2020 National de France Agrimer

Lien pour télécharger le Bilan 2020 Région Grand Est

Bilan National 2020

Février 2022

Effets différés des néonicotinoïdes sur plusieurs générations d'abeilles.

Des travaux conduits par deux entomologistes de l’Université de Californie, Clara Stulligross et Neal Williams, montrent à quel point les effets des pesticides sont sous-estimés. Un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, l’imidaclopidre, à nouveau autorisé pour lutter contre la jaunisse de la betterave a été étudié pendant plusieurs années et surtout générations d’abeilles.

En effet, suite à l’exposition de différents stades de l’abeilles (larves et adultes), il s’avère que les larves exposées auront des descendances 20% moins populeuses que des abeilles non exposées au fil des années. Or beaucoup d’insecticides sont aujourd’hui évalués pour leurs effets immédiats et non pas différés comme le montre cette étude.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le résumé de l’article en anglais, dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Décembre 2021
Néonicotinoïdes : « Le quoi qu’il en coûte pour nos abeilles »

Un nouveau « plan pollinisateurs » du gouvernement était attendu depuis un certain temps, l’Arrêté vient d’être publié au JO, dimanche 21 novembre 2021 ( Consultez le lien du Journal Officiel ci-dessous). Il permet par dérogation la réutilisation des insecticides néonicotinoïdes sur les betteraves, alors que de nombreuses études démontrent l’effet létal sur les abeilles, mais aussi les autres pollinisateurs. Précédemment l’« Arrêté abeilles » de 2003, interdisait l’utilisation d’insecticides pendant la floraison, sauf de manière dérogatoire pour certains produits après évaluation des risques, ce nouvel arrêté autorise l’épandage deux heures avant et trois heures après le coucher du soleil de tous produits phytosanitaires (fongicides, herbicides, insecticides) qui devront être évalués. L’ANSES avait pourtant préconisé l’usage des phytosanitaires uniquement après le coucher du soleil, par ailleurs l’analyse des produits est toujours un compromis entre les bénéfices et les risques.

De plus, ce texte prévoit plusieurs dérogations, il sera même possible de traiter à toute heure : « A titre temporaire, pour une période de huit mois à compter de la publication du présent arrêté, l'application peut aussi être réalisée sans contrainte horaire à condition que la température soit suffisamment basse pour éviter la présence d'abeille ». Heureusement des agriculteurs peuvent être aussi apiculteurs et ainsi savoir que les abeilles butinent au-dessus de 12°C, pour les pollinisateurs dont les bourdons terreux qui butinent à partir de 7°C ou les papillons de nuits, nous nous contenterons de suivre le déclin, comme publié dans la Revue Nature en 2019, de près de 70% des pollinisateurs entre 2009 et 2017. « Le Quoi qu’il en coûte » de la biodiversité.

Journal Officiel - Arrêté du 20 novembre 2021 relatif à la protection des abeilles et des autres insectes pollinisateurs et à la préservation des services de pollinisation lors de l'utilisation des produits phytopharmaceutiques

Novembre 2021
C’est l’automne et l’époque des déclarations de ruches !

Comme chaque année et avant le 31 décembre, il nous faut faire la déclaration des ruches auprès du ministère de l’agriculture. Comme vous le savez, en principe cette déclaration n’a rien à voir avec la déclaration des revenus provenant de la vente de miel. Cette déclaration a simplement pour but de comptabiliser le nombre total de colonies d’abeilles sur le territoire Français et ce, afin d’obtenir des subventions de l’UE en rapport avec ce nombre de ruches. Le ministère de l’agriculture nous demande donc de déclarer toutes les colonies d’abeilles qu’elles soient en ruches productrices, en ruchettes ou en nucleï. Par ce recensement, l’action des différents groupements sanitaires départementaux est grandement facilitée et l’efficacité des leurs interventions est considérablement simplifiée en cas de maladies contagieuses par exemple. Cette décalration est aussi consultée par les autorités en cas de vols ou dégradations de vos ruches. Pour le déclarant la procédure est très simple et très rapide si la déclaration est faite par internet puisqu’il suffit de remplir le formulaire Cerfa 13995*04 via le site :

https://agriculture-portail.6tzen.fr/default/requests/Cerfa13995/

Pour ceux qui préfèrent faire une déclaration papier par poste, le formulaire Cerfa 13995*04 est disponible sur la page principale de notre site en format.pdf imprimable. Une fois remplit, ce formulaire doit être envoyé par poste à l’adresse indiquée sur le formulaire.

Lien pour télécharger le formulaire Cerfa 13995*04 à imprimer

Novembre 2021
Varroas et varroose.

Tout savoir sur les varroas et les maladies liées à ces parasites de l'abeille. Télécharger le guide sur le site de la Fnosad.

Site de la Fnosad

Novembre 2021

Concours des Miels d'Alsace 2021.

Le 33ème concours de Miels d’Alsace s’est tenu le 03 octobre 2021, au Lycée agricole du Pflixbourg, à Wintzenheim. Seuls 25 échantillons avaient été déposés, contre 200 l’année 2019 qui été une mauvaise année, le concours 2020 n’ayant pas eu lieu pour cause de Covid. Il est à noter que les bonnes années, il peut y avoir jusqu’à 600 échantillons. Ce concours est à l’image des récoltes que nous avons faites. Il faut féliciter les membres du Syndicat de Thann qui ont déposés et obtenus une médaille.

Sont récompensés : Médaille d'Argent pour le miel de fleurs : Vincent Cerbino, Médailles de Bronze pour les miels de fleurs : Daniel Bembenek et Robert Hummel.

Fruits&Abeilles

Couverture du Fruits et Abeilles de Juillet 2021, appelant aux dépôts des échantillons pour le concours. Vivement l'année prochaine.

Octobre 2021

Comportement des abeilles au coeur de la ruche : des vidéos exclusives

Une étude menée par des chercheurs de l'université Goethe en Allemagne utilise des outils vidéo pour mettre en évidence des comportements typiques mais peu documentés à l'intérieur de la ruche. L'étude a été publiée dans la revue PLoS ONE en mars dernier :

https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0247323#pone.0247323.s003

Cette étude a également fait l'objet d'un article dans "La Santé de l'Abeille n°303 (Mai-Juin 2021). Vous pouvez retrouver l'ensemble des vidéos sur la page de l'article de PLoS ONE ou sur le site de la FNOSAD :

Vidéos FNOSAD

Septembre 2021

La menace des pesticides pour les abeilles sous-estimée, selon une vaste étude.

pesticides

Un article à lire sur le site du Huffington Post :

https://www.huffingtonpost.fr/entry/la-menace-des-pesticides-pour-les-abeilles-sous-estimee-selon-une-etude_fr_610b92fbe4b05f815705e904

Les liens vers les articles scientifiques cités par l'article du Huffington Post :

Agrochemicals interact synergistically to increase bee mortality

A cocktail of pressures imperils bees

Août 2021

Journée mondiale de l’abeille le 20 mai 2021

journee

Prenez une minute pour visiter le site des nations unies à ce propos :

https://www.un.org/fr/observances/bee day#:~:text=Pour%20c%C3%A9l%C3%A9brer%20la%20quatri%C3%A8me%20ann%C3%A9e,en%20mieux%20pour

%20les%20abeilles%20%C2%BB

Mai 2021

Les grilles à pollen favorisent l’apparition du virus de la paralysie chronique des abeilles

Dans une étude, les scientifiques de Sophia Antipolis (dans le sud-est de la France) ont démontré que les trappes à pollen constituent, sous certaines conditions, un facteur de risque pour l’augmentation du virus de la paralysie chronique des abeilles (CBPV). Le pollen contient des protéines (acides aminés), des graisses, des vitamines, des minéraux, des stérols… dont les abeilles ont besoin pour satisfaire le régime alimentaire des larves et des jeunes abeilles adultes. Les pièges à pollen à haut rendement peuvent, après une utilisation prolongée, priver la colonie de certains nutriments ce qui a pour conséquences une réduction de la taille du nid à couvain et l’apparition de maladies. Pour l’expérience scientifique, des pièges à pollen ont été installés sur des ruches et comparées à des ruches contrôles qui sont restées sans trappe à pollen. Pour estimer la mortalité des abeilles, une bâche en plastique a été disposée au sol devant chaque ruche. L’identification et la quantification des virus en laboratoire, a été faite sur des abeilles mortes recueillies sur les bâches, sur des abeilles vivantes récemment éclosent ainsi que sur des larves. Au cours de l’expérience, l’exposition au virus de la paralysie chronique des abeilles est restée nulle ou très faible chez les ouvrières des ruches de contrôle, tandis que dans les ruches utilisant des pièges à pollen, une très forte proportion d’abeilles étaient porteuses du virus CBPV et des centaines d’abeilles mortes ont été dénombrées sur les bâches étendues devant ces ruches. Les signes cliniques de la maladie ont persisté durant trois semaines après l’enlèvement des pièges à pollen.

Article : Effect of pollen traps on the relapse of chronic bee paralysis virus in honeybee ( Apis mellifera ) colonies

Nov. 2020

Le retour des Néonicotinoïdes

Les pesticides « néonicotinoïdes » sont des pesticides actuellement INTERDIT (depuis 2016). Pourquoi ont-ils été interdits ? Pour la bonne et simple raison, que ces pesticides ne choisissent pas vraiment ce qu’ils tuent. Ils anéantissent les pucerons qui menacent les récoltes des agriculteurs… Mais pas que, ils tuent aussi tout ce qui entre en contact avec eux dans l’air ou dans le sol (les abeilles, papillons, bourdons, les vers et larves dans la terre, etc..). Ces pesticides s’attaquent au système nerveux de tous les êtres vivants, pour les tuer plus ou moins rapidement. Indirectement, ils s’attaquent aussi au système nerveux de tous les vertébrés qui se nourrissent d’insectes. Cela va du lézard, du hérisson aux oiseaux et tout ce qui passe par là en prend pour son grade (y compris l’être humain consommateur des produits traités) ! Bien sûr, la situation est dramatique pour les cultivateurs de betteraves qui sont touchés par le puceron qui provoque la « jaunisse de la betterave ». Il fallait trouver « une solution d’urgence ». Oui, mais à quel prix ? Sauver quelques milliers d'agriculteurs et sacrifier des milliers d’apiculteurs, tous les pollinisateurs et polluer à nouveau les sols et les nappes phréatiques ? Car, rappelons que ce poison reste dans le sol durant plusieurs années : de quoi contaminer la terre, les plantes et tuer les pollinisateurs à son contact sur plusieurs générations… Selon une récente étude de l’INRA, « 12 % des parcelles étudiées présenteraient une contamination pouvant entraîner la mort de 50 % des abeilles et bourdons les visitant ». Merci Mesdames et Messieurs les députés d'avoir voté pour la destruction lente de notre écosystème !

Oct. 2020

L’apithérapie dans le traitement du cancer du sein

Chaque année, un grand nombre de femmes sont atteintes d’un cancer du sein en France. Les taux de guérison sont heureusement de plus en plus élevés, mais malheureusement le nombre de cas diagnostiqués lui aussi est de plus en plus important. De nombreux scientifiques travaillent sans relâche dans l’espoir de trouver de nouveaux remèdes pour combattre la maladie. Très récemment, des chercheurs semblent avoir mis la main sur une découverte très intéressante. Selon une étude publiée dans la revue « NPJ - Precision Oncology », un peptide (la mélittine ) contenu dans le venin d’abeille pourrait tuer 100 % des cellules cancéreuses, et ce, en seulement une heure. Pour parvenir à une telle conclusion, les scientifiques de " l’Institut Harry Perkins de recherche médicale de Perth" ont procédé a des études, en Australie occidentale, en Irlande et en Angleterre pour tester le venin d’abeilles. Et les résultats parlent d’eux-mêmes : la mélittine , présente dans le venin sécrétée par les abeilles, a permis de guérir rapidement les cancers du sein. Ce procédé pourrait être particulièrement efficace dans les cas de cancers du sein agressifs de type triple négatif. Selon l’Institut Curie, cette pathologie très précise touche environ 15 % de l’ensemble des patientes.

Lien :https://www.santelog.com/actualites/cancer-du-sein-le-venin-des-abeilles-vient-bout-des-cellules-cancereuses

Oct. 2020

Attention : colonies agressives !!

En cette fin de saison, il peut arriver que des colonies normalement pacifiques et douces peuvent devenir agressives, nerveuses, d’humeur piqueuse et très pilleuses. Le plus souvent, c’est parce qu’elles manquent de nourriture. Les miellées sont finies depuis bien longtemps et vous leur avez volé une grande partie des réserves lors de la dernière récolte. Or, pour que vos colonies restent saines, fortes, douces et pour qu’elles puissent élever beaucoup d’abeilles d’hiver, il faut absolument que les réserves de nourriture soient encore abondantes (ou au moins suffisantes). Si vous n’avez pas commencé le nourrissement, vérifiez que vos colonies sont encore bien fournies en miel.

Sept. 2020

Traitement hivernal à l’acide oxalique

Il existe trois types de traitement à l’acide oxalique. Le moins invasif, mais demandant le plus de matériel coûteux, est celui par évaporation : un appareil de type Varrox® est introduit par le trou de vol et les cristaux d’acide sont évaporés soit grâce à une flamme de gaz, soit grâce à une batterie électrique. Le fait qu’il ne faille pas ouvrir la ruche est un énorme avantage. Il faut un minimum de 4°C de température ambiante. Une autre solution, le traitement par dégouttement consiste en une solution sucrée d’acide oxalique dégouttée entre les cadres grâce à une seringue. Ainsi, on ne soulève que le couvre-cadre et on ne dérange que très peu les abeilles en grappe. L’immense avantage de cette solution est qu’elle peut (et même doit), se pratiquer par temps froid, voire très froid (entre -15°C et 5°C), puisqu’il faut que la grappe soit bien compacte. Enfin, la troisième solution est le traitement par vaporisation. On prélève tous les cadres un par un et on les asperge recto-verso avec un vaporisateur. C’est la technique la plus invasive et la plus longue, cette méthode pourra être effectuée par des températures d’un minimum de 8°C. Une équipe du laboratoire d’apiculture et d’insectes sociaux (LASI) de l’Université du Sussex a examiné de plus près ces différentes méthodes de traitement à l’acide oxalique. Pour cette étude qui s’est déroulée sur deux hivers successifs, 110 colonies d’abeilles dans le Sussex ont été traitées la première année, puis 90 autres ont été étudiées l’hiver suivant. Pendant le traitement, les colonies étaient bien entendues sans couvain. Contrairement aux méthodes par vaporisation et dégouttement, la méthode par évaporation (ou sublimation) de l’acide oxalique n’a pas montré d’effet négatif sur la mortalité des abeilles et avec cette méthode d’administration, près de 97 % des acariens ont été tués. Le professeur Francis Ratnieks, directeur du LASI, recommande donc aux apiculteurs de délaisser les méthodes d’application, par pulvérisation ou dégouttement, car elles nuisent aux abeilles et sont moins efficaces.

Article en Anglais: Towards integrated control of varroa: comparing application methods and doses...

Sept. 2020

Le picking donne-il de bonnes reines ?

D’après des scientifiques Chinois et Australiens, l’utilisation de larves d’ouvrières n’a aucun sens dans la mesure où les œufs destinés à créer de nouvelles reines sont tout simplement différents par leur taille, leur poids, leur diamètre et leur patrimoine génétique. Les chercheurs ont commencé par étudier les œufs pondus par une reine dans des cellules royales et ceux pondus par la même reine dans des cellules d’ouvrières. De fortes différences dans le poids, la taille et dans le patrimoine génétique ont été observées. Deux jours après la ponte des œufs, les chercheurs ont transféré les œufs pondus dans les cellules de reine et dans les cellules d’ouvrières dans des cellules artificielles de reine. Les reines ont grandi à partir de ce moment-là dans un environnement standardisé identique. A leur naissance, les reines issues des œufs des cellules reines étaient plus grandes, plus lourdes et possédaient nettement plus d’ovarioles, ce qui indique clairement une dépendance de la taille de l’œuf et de la morphologie des reines adultes. Des analyses de l’expression des gènes ont identifié plusieurs gènes significativement différents entre les reines issues d’œufs de reines et celles issues d’œufs d’ouvrières. Il s’agit d’un nombre disproportionné de gènes impliquant les signaux hormonaux, le développement du corps et le système immunitaires… qui sont évidemment des caractéristiques essentielles pour une reine. Une précédente étude Japonaise avait déjà semé le doute parce que la larve d’ouvrière utilisée pour le « picking » était nourri durant les premiers jours non pas avec de la gelée royale, mais avec de la gelée nourricière destinée aux larves d’ouvrières. Les chercheurs n’ont bien entendu pas étudié la performance réelle des reines adultes, mais il semblerait que la plupart des problèmes liés à la qualité des reines soient dus aux méthodes de production de ces reines. Étant donné que la taille, la grosseur, l’expression génétique de l’œuf, ainsi que l’alimentation des jeunes larves affecte à la fois et le poids, la taille, la morphologie et la physiologie ultérieure de la reine adulte, les apiculteurs devraient se demander dans quelle mesure les larves d’ouvrières utilisées pour créer des reines donnent de bonnes reines.

Article en Anglais: https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0960982219306736

Aout 2020

Juillet : comptage des varroas !

Afin de détecter à temps une menace, il est conseillé de compter régulièrement les acariens morts sur les langes. La chute naturelle d’acariens devrait être déterminée durant les périodes critiques de mi-juin à mi-juillet et de mi-octobre à début novembre. Si un nombre exceptionnel d’acariens est présent sur le lange, il faut prendre des mesures immédiates. Lors du contrôle de la chute naturelle de varroas, veiller à ce que le lange couvre tout le fond de la ruche et qu’il soit protégé par un grillage fin. Si le fond n’est que partiellement grillagé, il faut appliquer un facteur pour calculer le nombre réel de varroas. Idéalement, le comptage doit être effectué durant 3 à 5 jours après l’insertion du lange graissé. Seuls les acariens adultes et foncés sont comptés. Si le comptage révèle des valeurs critiques, il faut répéter l’opération par mesure de sécurité et pour confirmer la forte infestation avant d’agir. L’intervention de l’apiculteur est nécessaire dans les cas de la chute naturelle supérieures à 5 /jour à la mi-juin, 10 /jour à la mi-juillet et 15 /jour à la mi-août. Rappelons que ces chiffres sont valables pour de très grosses colonies de 50 à 60000 abeilles et que pour plus de précisions sur le sujet, un article plus complet est disponible sur le lien ci-dessous.

http://rucherecole68.thann.free.fr/Calendrier%20apicole/Varroa_estimation_du_parasitage_des_colonies.pdf

Juil 2020

Traitement d’urgence

Certaines années, la multiplication des varroas dans les colonies d’abeille est particulièrement importante ce qui entraine au mois de juin et juillet une très et trop forte infestation qui met la colonie en danger de mort durant l’hiver suivant. Un comptage des chutes naturelles de varroa s’impose donc à minima au mois de juillet. Si à cette époque de l’année le nombre de varroa dépasse largement la limite acceptable (soit 10 / jour), deux solutions s’offre à l’apiculteur : soit il attend le traitement de fin de saison et il prend alors le risque d’hiverner ses colonies avec beaucoup de varroas, soit il fait un traitement d’urgence. Avec le traitement d’urgence, une colonie fortement infestée peut être débarrassée d’une majorité de ses acariens en une journée. Ce traitement peut être un traitement à l’acide formique, à l’acide oxalique ou au mélange de ces deux composants le "Varromed®". Toutefois, bien qu’étant des traitements BIO, il vaudrait mieux les appliquer sans les hausses a miel. Si on s’attend à des miellées, il est bien entendu possible de récolter le miel puis de remettre la hausse vide. Il est possible aussi d'enlever la hausse contenant du miel non operculé et la remettre le lendemain ou le surlendemain.

Juil 2020

Naissance d'une reine

C’est la saison de l’élevage des reines et des essaimages, donc la période où naissent le plus grand nombre de reines. Ce n’est bien entendu pas comparable à la naissance d’un mammifère humain où animal, mais cela reste malgré tout un évènement extraordinaire même pour un apiculteur chevronné. Je n’ai pas résisté à l'envie de vous faire partager ce petit film de quelques minutes qui montre la naissance d’une jeune reine. Sa vie ne fait que commencer et les premières semaines vont être bien difficiles pour elle. Souhaitons-lui une longue vie et de belles et grosses colonies année après année.

 

Lien de la vidéo: https://youtu.be/PdOuTkT57qo
Mai 2020

Apiculture et coronavirus

Est-ce l’effet du confinement comme le prétendent certains médias ou des conditions météos particulièrement propices ?? En tout cas, nos abeilles se portent vraiment très bien ces dernières semaines durant lesquelles nous étions tous confinés. Les hausses se sont remplies comme jamais-vu depuis une décennie, puisque nos chères abeilles ont produit entre 30 et 50 Kg de miel (selon la région) en ce mois d’avril. Mais bien sûr, si les conditions météo devaient se détériorer trop longtemps, une grande partie de ces belles réserves de miel risquent d’être consommée par la colonie. Un autre record qui sera difficile à égaler ces prochaines années : c’est le nombre d’essaimages ! C’est bien le signe que les colonies sont très peuplées et très en forme. Si les abeilles travaillent beaucoup en ce moment, l’apiculteur au contraire n’est pas très actif. Il se contente d’ajouter des hausses ou de récupérer les essaims, mais surtout il reste confiné au maximum. Preuve en est, le rucher école qui habituellement grouille de monde à cette époque est totalement désert depuis de longues semaines, car tout le monde attend impatiemment la fin de l’épidémie. Il y aurait encore tant de travaux à effectuer, tant de rangement et de nettoyage à faire. Mais la santé de tous doit passer avant tout autre chose, alors mieux vaut reporter tout cela à la fin de la crise.

mai 2020

Quand poser les hausses ?

Il n’y a malheureusement pas de date ou de calendrier à respecter pour installer les hausses. Poser une hausse trop tôt, c'est prendre le risque de refroidir le couvain, surtout si les nuits sont encore fraîches. Poser une hausse trop tard, c'est prendre le risque d'un essaimage ou d’un blocage de la ponte de la reine (faute d'espace). Ce qui doit vous décider est l'état de développement de vos colonies qui comme on le sait, dépend de la particularité de la région, de la météo, de la race de vos abeilles, de l’âge de vos reines, de la flore environnante… De plus, certaines de vos ruches se seront développées très rapidement alors que d’autres seront plutôt à la traînes. Toutes les hausses ne pourront donc pas être posées en même temps. Il faut absolument mettre une hausse (avec des cadres bâtis et quelques cadres cirés) lorsque sur une ruche, vous remarquez les signes suivants :

• Si 80 % des cadres (ou plus) sont fortement couverts d’abeilles (8 cadres sur 10).

• S’il y a des constructions sauvages (de la cire blanche au-dessus ou entre les cadres).

• S’il y a beaucoup de couvain bien développé, car n’oubliez pas que 1 cadre de couvain donnera un nombre d’abeilles qui couvrira 3 cadres. Si la ruche est déjà bien peuplée, il est urgent de poser une hausse.

Si les températures sont encore fraîches, utilisez la méthode du papier journal (entre la hausse et le corps de ruche). Lorsque la colonie sera bien développée et prête à monter dans la hausse, les abeilles grignoteront la feuille de papier journal. Dans le très bon article ci-dessous, vous trouverez aussi beaucoup de renseignements qui pourront vous être utiles.

Article à lire

Avril 2020

Apiculture et coronavirus

La Fédération des Apiculteurs du Haut-Rhin et le Groupement de Défense Sanitaire du Haut-Rhin (GDSA-68) organise une collecte de miel en faveur de toutes celles et tous ceux qui chaque jour risquent leur vie et celles de leurs proches pour sauver la vie de nombreuses personnes malades du Covid-19. Même épuisées physiquement, ces équipes de soignants continuent à travailler sans relâche alors que la plupart d’entre nous sommes bien en sécurité sur notre canapé. La Fédération et le GDSA-68 proposent donc à chaque apiculteur d’exprimer sa gratitude en offrant un ou plusieurs pots de miel à nos soignants. Si vous aussi désirez contribuer à cette action généreuse en faveur du personnel soignant des hôpitaux, la collecte se fera jusqu’à fin mai au rucher école de Vieux-Thann. Le miel devra être en pot de 500 gr avec l’étiquette portant les informations légales (Dénomination de vente, la quantité nette, la date de durabilité minimale en JJ/MM/AA, le nom et l’adresse du producteur). Chaque apiculteur engage sa responsabilité sur la qualité du miel.

Lettre de la Fédé68 et du GDSA68

Promesse de dons : http://www.don-miel-68.fr

Avril 2020

Première visite de printemps... patience

Malgré le retour du soleil et la relative douceur de l’air, mars est encore un mois froid. Il ne faut donc pas être trop pressé d’ouvrir les ruches et préférer une surveillance du trou de vol et un sous-pesage des ruches pour contrôler la nourriture. Néanmoins, si vous êtes impatient, une première ouverture est possible après quelques jours de beau temps et des températures au-delà de 17°C. Une ouverture toutefois pas trop longue, car il y a sans doute du couvain ouvert très sensible au froid. Pour la première fois, on peut soulever le couvre-cadre pour vérifier l’état de la colonie avec l’espoir de ne pas avoir de mauvaises surprises. La première constatation est la grosseur de la colonie. Les très petites colonies devront être resserrées entre des partitions pour leur permettre un meilleur développement. Une odeur agréable doit s’échapper de vos ruches, si ce n’est pas le cas, la visite devra être poussée un peu plus loin et les cadres du centre devront être inspectés pour écarter une éventuelle maladie. Le haut des cadres doit être exempt de déjections qui seraient le signe de dysenterie (lorsque la colonie a pris froid ou due à une mauvaise alimentation hivernale). Les éventuels cadres souillés devront bien sûr être enlevés de même que les cadres moisis. Une dernière chose à vérifier très rapidement avant de refermer la ruche, c’est les provisions qui doivent être encore nombreuses pour permettre l’élevage. Pour cela, les cadres des bords pourront être soulevés pour estimer la quantité de nourriture. En cas de doute, n’hésitez pas à nourrir avec du candi ou avec du sirop tiède (le sirop uniquement par températures correctes >15°).

Mars 2020

Apiculture et coronavirus

Le confinement sanitaire dû au Covid-19 n’arrange pas certains d’entre nous dont les ruches sont éloignées du domicile. Les sorties hors du domicile étant interdites, cela pose naturellement un gros problème à nous apiculteurs qui devons plus que jamais nous occuper de nos ruches en cette saison si importante. En ces premiers beaux jours, les premières visites doivent absolument être faites, car il est à craindre que les mesures de confinement sanitaire vont non seulement durer plus longtemps que prévues, mais également devenir bien plus drastiques dans les prochaines semaines. Notre président de la fédération A.Frieh nous a fait parvenir par l’intermédiaire de R.Rusch les instructions en cas de contrôle par les forces de l’ordre lors de notre déplacement jusqu’à nos ruches. Les mails ci-après, nous expliquent en gros que pour prouver la nécessité de notre déplacement, il faut avoir sur soi (ou dans son véhicule) tout le matériel apicole nécessaire aux soins des ruches, ainsi que la déclaration des ruches (Cerfa_13995-04) et bien sûr « l’attestation de déplacement dérogatoire » dument remplie, datée et signée.

Mail 1

Mail 2

Attestation de déplacement dérogatoire

Instruction technique DGAL/SDSPA

Mars 2020

Pertes hivernales...

L’hiver a été relativement doux dans la région de Thann, puisque les températures ne sont jamais passées sous les -5°C ! Les colonies les plus fortes n’ont de toute façon rien à craindre si elles ont suffisamment de nourriture, mais les petites colonies qui ont eu du mal à élever un grand nombre d’abeilles d’hiver supportent assez mal les longues périodes de froids intenses. Cet hiver, heureusement le nombre de jours de « grands froids » a été relativement limité ce qui signifie que la majorité de ces colonies faibles et fragiles devraient normalement avoir survécu. Evidemment, il y a bien d’autres facteurs importants qui peuvent influencer la survie de ces petites colonies. Le miellat récolté fin de l’automne 2016 en est la preuve et ce phénomène avait amplifié significativement la mortalité cette année-là. Cet hiver 2019/20, c’est le varroa qui risque d’influencer considérablement les pertes hivernales ! Malgré les traitements de fin de saison, il était encore présent en nombre important dans certaines ruches durant l’automne. Bien sûr, l’hiver n’est peut-être pas fini et le mois de mars peut encore nous réserver de mauvaises surprises, mais d’octobre dernier jusqu’à fin février, nous avons eu l’hiver le plus doux depuis l’hiver 2013/14. Si la mortalité hivernale évolue comme les années précédentes avec le nombre de jours de « grands froids », on peut espérer cette année une mortalité hivernale globalement basse (10 à 12% ou pourquoi pas sous les 10 %). En raison des températures encore fraiches, vous n’avez certainement pas encore ouvert vos ruches pour une première visite, mais sachez que jusqu’à mi-juin, nous attendons impatiemment l"envoi de vos pertes pour l’hiver 2019/2020.

Lien pour nous envoyer vos pertes: http://rucherecole68.thann.free.fr/statistiques_google.html

hwdg

Le nombre de jours de « grands froids » a été obtenu grâce à la base de données du site : http://icare.cinq.free.fr/meteo/statistiquesannuelles.htm

Mars 2020

L’AG 2020 du syndicat des apiculteurs de Thann

Ami(e)s apicultrices et apiculteurs, l’année 2019 est sur le point de se terminer. Après une année apicole compliquée, nos abeilles sont en grappe et bien au chaud pour un repos hivernal bien mérité. Nous apiculteurs, devons songer aux fêtes de fin d’année, aux cadeaux à mettre sous le sapin et surtout à l’assemblée générale de notre association qui comme chaque année aura lieu au début de la nouvelle année. Notez dès à présent dans vos agendas, qu’elle se déroulera au restaurant « Le Floridor » de Thann, le 11 janvier prochain à 17 heures. Quand on aura fait le bilan de l’année écoulée, qu’on aura parlé de l’année à venir, qu’on aura élu le comité d’administration, on se retrouvera (pour ceux qui le veulent) autour d’un bon repas qui nous permettra de nous revoir pour parler abeilles, ruches, miel... De plus amples informations vous seront communiquées dans les jours qui viennent par courrier dans « l’Echo du rucher n°51 ». Nous espérons vous voir bientôt et très nombreux à l’AG, mais en attendant, le président et tous les membres du comité vous souhaitent de tout cœur de très heureuses fêtes de fin d’année.

sapin voeux bougie

Dec 2019

L’abeille VSH, est-elle vraiment la bonne solution?

Les recherches menées depuis l'apparition du varroa sur Apis mellifera ont permis de mettre en évidence les difficultés à combattre ce parasite de l’abeille. Il y a eu d’abord le développement de produits acaricides, mais on s’est vite rendu compte que ce n’était qu’une solution ponctuelle qui n’élimine que de manière provisoire une partie de ces acariens. Depuis quelques années, on travaille aussi sur la sélection d’une abeille qui pourrait vivre avec le varroa. C’est la fameuse abeille VSH (Varroa Sensitive Hygien) issue de sélections naturelles, mais est-ce vraiment la solution ? Car savez-vous que ce comportement hygiénique a pour conséquence que près de 33 % des nymphes sont éliminées du couvain, ce qui effectivement permet de réduire les varroas, mais entraîne aussi un retard énorme dans le développement de la colonie. Savez-vous aussi que le nettoyage du couvain infesté et éliminé par le biais du comportement VSH des abeilles ne provoque pas nécessairement la mort des acariens contenus sur la nymphe et dans les cellules nettoyées. Une grande partie des varroas s'échappent durant le transport de la nymphe à travers la ruche pour se fixer sur d’autres abeilles avant d’infester de nouvelles cellules. Bien sûr, l’abeille VHS fait rêver parce que ce serait peut-être enfin la fin des traitements chimiques pénibles, coûteux et quelquefois inefficaces, mais on peut quand même se demander si c’est vraiment la meilleure des solutions ? Il y a bien la génétique, mais bien sûr il ne s’agit pas de modifier génétiquement l’abeille, mais les varroas mâles qui par la modification d’un gène spécifique donneront une progéniture stérile ce qui, à très long terme, devrait éliminer totalement cet acarien. De nombreux chercheurs travaillent sur le sujet et il n’est pas impossible que bientôt des bonnes nouvelles soient annoncées par ces scientifiques.

Lien : l'abeille VSH

Nov 2019

Exceptionnelle infestation de varroas cette année

Il nous a été rapporté par un grand nombre d’apiculteurs, une très forte pression des varroas dans certaines ruches. Le traitement ayant été fait depuis bien longtemps, il nous est souvent demandé comment réduire cette forte infestation. Avant tout, il faut être sûr que les ruches sont réellement fortement infestées, car apparemment, l’infestation est très variable entre les ruchers et d’une ruche à l’autre. C’est fin juillet, qu’il est très important de vérifier l’infestation en observant la chute naturelle des varroas sur des langes huilés. Cette méthode simple et à la portée de tous, fourni les résultats les plus parlants. Si à cette époque de l’année vous dénombrez plus de 10 acariens morts par jour [1], commencez immédiatement le traitement estival que vous utilisez habituellement. Si vous avez encore les hausses enlevez-les et n’attendez en aucun cas plus longtemps, car d’ici-là, il sera peut-être déjà trop tard pour vos abeilles. Une colonie sujette à une très forte infestation peut être sauvée en commençant le plus rapidement possible le traitement estival, et ce, quelle que soit la méthode de traitement. Si fin septembre (soit environ 8 semaines post-traitement d'été), la chute est de plus de 5 acariens par jour [1], cela signifie que le nombre de varroas est toujours très important et les colonies peuvent subir des dégâts si les acariens ne sont pas rapidement décimés. Un traitement complémentaire "d’urgence" est alors la solution. L’acide oxalique ou Bioxal™ (1.75 grammes pour 50 ml de sirop 50:50) agit le mieux lorsqu’il est utilisé en l’absence de couvain. Cependant, comme ce traitement complémentaire n’est destiné qu’à briser le pic de l’infestation de varroas, on peut exceptionnellement laisser le couvain en place. Varromed™ qui est un mélange d’acide formique et d’acide oxalique (prêt à l’emploi) est une bonne alternative à l’acide oxalique. Ces deux méthodes peuvent servir (par dégouttement ou pulvérisation sur les abeilles) de traitement d’urgence. Le Varrox™ (sublimation de l’acide oxalique) peut lui aussi être utilisé efficacement dans l'urgence.

[1] nbre de varroas par jour = nbre de  varroas comptés / nbre de jours de collecte

Lien : https://www.apiservices.biz/documents/articles-fr/niveau_infestation_varroa_automne.pdf

Oct 2019

Le coup de gueule des apiculteurs contre la commune de Thann !

Vous vous souvenez peut-être de ce grand Aulne couvert de lierre qui a été abattu dans le quartier du Riegelsbourg. Cela avait choqué un grand nombre de riverains et d’apiculteurs ! Voilà que ça recommence dans d’autres quartiers de Thann. Les apiculteurs poussent un cri d’alarme, car cette fois, il ne s’agit pas seulement de quelques arbres, il s’agit carrément d’une partie de forêt couverte de jeunes arbres mellifères qui a été massacrée. Les jeunes acacias, châtaigniers, arbustes divers et lierres en pleine floraison ont été malaxés sans ménagement ! C’était aussi une zone de nidification pour les oiseaux et un refuge pour des animaux comme les hérissons, les lézards, les orvets et couleuvres qui ont été chassés à jamais, s’ils ont eu la chance d’avoir été épargnés par l’engin de débroussaillage. « Je suis à la fois triste et furieux contre les technocrates de notre commune », nous confiait un voisin apiculteur de cette forêt. Mais à quoi pensent nos élus ? Alors que tout le monde se préoccupe de l’écologie, que toutes les communes pensent à préserver leurs forêts pour anticiper le réchauffement climatique, l’augmentation de la pollution au CO2 et aux nanoparticules, pourquoi les élus de Thann se sentent-ils obligés de détruire ainsi notre écosystème ? Est-ce pour faire plaisir à un ou deux habitants en vue des prochaines élections ? Voilà ce qui reste maintenant de cette belle partie de forêt… un désert pour nos abeilles…

foret

Oct 2019

C’est l’automne et l’époque des déclarations de ruches !

Comme chaque année du 1er septembre au 31 décembre 2019, il nous faut faire la déclaration des ruches auprès du ministère de l’agriculture. Comme vous le savez, en principe cette déclaration n’a rien à voir avec la déclaration des revenus provenant de la vente de miel. Cette déclaration a simplement pour but de comptabiliser le nombre total de colonies d’abeilles sur le territoire Français et ce, afin d’obtenir des subventions de l’UE en rapport avec ce nombre de ruches. Le ministère de l’agriculture nous demande donc de déclarer toutes les colonies d’abeilles qu’elles soient en ruches productrices, en ruchettes ou en nucleï. Par ce recensement, l’action des différents groupements sanitaires départementaux est grandement facilitée et l’efficacité des leurs interventions est considérablement simplifiée en cas de maladies contagieuses par exemple. Pour le déclarant la procédure est très simple et très rapide si la déclaration est faite par internet puisqu’il suffit de remplir le formulaire Cerfa 13995*04 via le site :

https://agriculture-portail.6tzen.fr/default/requests/Cerfa13995/

Pour ceux qui préfèrent faire une déclaration papier par poste, le formulaire Cerfa 13995*04 est disponible sur la page principale de notre site en format.pdf imprimable. Une fois remplit, ce formulaire doit être envoyé par poste à l’adresse indiquée sur le formulaire.

Lien pour télécharger le formulaire Cerfa 13995*04 à imprimer

Sep 2019

L’emission Xenius parle des abeilles en ville.

C'est un documentaire intéressant d’Arte consacré à l’apiculture de ville. On y parle de l’installation d’une colonie d’abeilles sur un toit, de la lutte contre les varroas avec le chlorure de Lithium et les « scorpions des livres ». Un film de 26 minutes très intéressant, car on y apprend un grand nombre de choses. Merci à Joseph pour l’info !

Attention disponible seulement jusqu'au 09/12/2019 sur le lien :

https://www.arte.tv/fr/videos/084700-011-A/xenius-les-abeilles-comment-les-sauver/

Sep 2019

Un événement rare !

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Sep 2019

Une année désastreuse.

C'est un été cauchemardesque pour les apiculteurs. Aucune récolte n’avait été possible au printemps, car les colonies ont été freinées par le mauvais temps et aucune rentrée de nectar n’a été possible pendant de longues semaines. Il a même fallu nourrir certaines colonies pour qu’elles ne meurent pas de faim. Après ce printemps pourri, on espérait des mois de mai, juin et juillet bien fleuris… Eh bien non ! La récolte du miel de fin de saison a été, elle aussi quasiment nulle. C’est une année catastrophe comme on n’en a jamais vu. D’après un sondage rapide fait auprès de mes collègues apiculteurs, la production moyenne se situe seulement entre 7 et 10 kg par ruche. Certaines ruches ont tout juste réussi à faire leurs réserves hivernales, mais comme elles vont en consommer une grande partie avant les mois d’hiver, il faudra quand même les nourrir. Les causes de ce phénomène sont très certainement ce printemps froid et humide qui a cloîtré les abeilles à l’intérieur de la ruche avec pour seule nourriture les restes des réserves hivernales. Toutes celles qui avaient des réserves suffisantes ont réussi à élever leur abondant couvain, mais les autres ont cessé l’élevage, ce qui a retardé considérablement leur développement. Après ce début de printemps désastreux, il y eut une longue vague de chaleur extrême et une sécheresse intense qui ont provoqué un effet néfaste sur les plantes et leurs fleurs qui ont produit très peu de nectar.

Aou 2019

Enfin plus de transparence sur l’origine des miels.

Après des années de mobilisation, les apiculteurs ont enfin obtenu gain de cause : un projet de décret du ministre de l'Agriculture et de la secrétaire d'Etat à l'économie imposant un étiquetage obligatoire de l'origine du miel vient d'être dévoilé. Les 3 principaux syndicats apicoles (UNAF, FFAP et SNA) semblent se satisfaire de cette avancée dans l’étiquetage des miels vendus en France. L'industrie agroalimentaire s'est trop longtemps cachée derrière la réglementation européenne avec les mentions laconiques "UE" et "non UE" pour masquer l'origine réelle des miels. Il n’était pas normal de trouver des étiquettes comportant la mention « miel originaire de pays européens et autres » pour un miel importé d’Espagne, vendu en France dont 5 % était d’origine espagnole et 95% de Chine. En effet, la filière apicole française est menacée depuis plusieurs années par une concurrence déloyale due à l'importation de miels à bas coûts en provenance de destinations lointaines comme la Chine ou le Chili. Rappelons qu'en 2018, près de 80% du miel consommé en France était importé. A l’avenir, s’il s’agit d’un mélange de miels, l’étiquette devra comporter les différentes proportions et origines des miels. En attendant que cette nouvelle mesure devienne effective, nous appelons les consommateurs à la vigilance lors de l'achat de miels en donnant la priorité à des miels produits par des petits producteurs locaux.

Jul 2019

Pertes et températures hivernales...

A l’exception de l’hiver 2016/17 ou une partie des pertes étaient dues à une miellée tardive de miellat sur lequel les colonies ont hivernées, nous constatons depuis plusieurs années une corrélation presque parfaite entre la mortalité hivernale et le nombre de jours de grands froids. Comme le montre le graphique ci-dessous, il en est de même pour cet hiver 2018/19. On peut également constater que sur la période des 7 dernières années, la mortalité hivernale moyenne a tendance à se stabiliser aux environs de 15 % du cheptel hiverné. Les pertes de l’hiver 2018/2019 se situent légèrement au-dessous de cette moyenne à environ 13.3%.

pertes

Graphique des températures : Les barres mauves correspondent aux nombres de jours où les températures ont été inférieures à zéro degré durant les 6 mois d’hiver, c’est-à-dire : d’octobre de l’année n à mars de l’année suivante n+1 (Exemple : d’octobre 2012 à mars 2013). Le nombre de jours de très grands froids (jours de gelées) a été obtenu grâce à la base de données du site : http://icare.cinq.free.fr/meteo/statistiquesannuelles.htm

Graphique des pertes hivernales : Les barres bleues indiquent en % les pertes hivernales moyennes de colonies d’abeilles au sein du « Syndicat des apiculteurs de Thann et environs ».

Jun 2019

La recherche avance! Varroa n’a qu’à bien se tenir!

Les résultats d’un programme de recherche lancé il y a 4 ans a été récemment publié dans la revue Nature. Le papier est co-signé par des spécialistes européens de plusieurs universités, principalement de l’Université de Gand (Belgique). Des colonies d’abeilles ont été testées dans 4 ruchers disposant de souches résistantes au varroa. Ce sont les mâles de l’Université de Wageningen aux Pays-bas (Amsterdam Waterduinen) qui, selon les résultats obtenus, ont développé la meilleure résistance au varroa à partir d’une méthode de sélection naturelle. Ils ont été croisés deux fois avec la colonie de contrôle du rucher de « Honeybee Valley » à Gand disposant de mâles non résistants. Les chercheurs de l’Université de Gand ont ensuite dressé le phénotype de ces mâles F2. Ils ont mis au point un protocole permettant de séquencer une partie spécifique du génome de l’abeille mellifère (l’exome), définissant ainsi avec une précision novatrice l’origine génétique de la résistance à l’acarien. Ces résultats sont prometteurs parce qu’ils vont offrir des marqueurs moléculaires pour accélérer le travail de sélection de l’abeille jusqu’à parvenir à une résilience des colonies. Selon les chercheurs, l’échec de la reproduction des acariens dans le phénotype DBR (drone brood resistance) joue un rôle sur la dynamique de la population de Varroa destructor et constitue donc un moyen alternatif d’obtenir une résistance à l’acarien en évitant la reproduction massive d’acariens dans le couvain de mâle. En outre, le coût de cette méthode pour la colonie est relativement faible comparé au comportement hygiénique puisque par cette autre méthode, près de 32,4% des nymphes sont retirées du couvain. Pour répondre à une préoccupation légitime et majeure (des anti-OGM) les chercheurs précisent qu’une telle méthode protège la diversité génétique des abeilles mellifères.

Article en anglais : https://www.nature.com/articles/s41598-019-44254-8#Abs1

Merci à Fred pour cet article très interressant.

Jun 2019

Climat : Le début de la fin ?

Le 22 mai dernier a eu lieu une conférence de Jean Jouzel (climatologue et glaciologue), Directeur de recherches au CEA, membre de l'Académie des sciences. Ceux qui y ont assisté en sont sortis horrifiés ! Des sujets aussi variés que le réchauffement climatique, la pollution, la disparition des espèces et toutes les conséquences sur l’avenir de notre planète ont été abordés. L’objectif de ces conférences étant bien sûr d’alerter les décideurs sur l’impact d’un réchauffement de notre planète de 1,5 à 2 degré. Que signifie concrètement un monde avec 2°C de plus ? Qu’en est-il de l’élévation du niveau des mers ? Quelles sont les projections concernant le changement climatique à l’échelle de la France, du monde et des continents ? Quelles vont être les conséquences sur les différentes espèces vivantes ? Peut-on agir pour limiter ces émissions de gaz à effet de serre au niveau local ? Et n’est-il pas trop tard ? Tant de questions auxquelles ce type de conférence essaye de répondre. Tant de questions dont les réponses sont invariablement catastrophistes, puisque les conséquences d’un réchauffement climatique de 2°C vont être dramatiques. Le niveau des mers va augmenter et provoquer un grand nombre de sinistrés climatiques, un grand nombre d’espèces végétales, animales, marines et terrestres vont tout simplement disparaître, des régions du globe jusque-là épargnées par de grandes catastrophes naturelles vont être touchées par des pluies diluviennes, des tempêtes, des feux de forêts… et tout cela dans les 100 ans à venir. La plupart d’entre nous ne connaîtrons pas ce monde futur, mais nos petits-enfants très certainement… vont-ils alors nous accuser d’avoir détruit leur planète ?

Merci à Jo Schneider qui nous a fait parvenir les diapositives de la conférence.

Mai 2019

Précieuse Vitellogenine…

La situation des ruchers à proximité des rares plantes en fleurs en fin d'été et à l'automne est une chance pour l’abeille. Les pollens frais récoltés sur les dernières fleurs de l’année permettent aux abeilles d’hiver qui naissent à cette époque de faire le plein d’oligo-éléments précieux pour la santé de l’abeille, mais surtout de lipoprotéines et notamment la vitellogenine. Cette vitellogenine est précieuse parce qu’elle est à l’origine du vitellus dans lequel sont fabriqués les anticorps des abeilles et parce qu’elle a de fortes propriétés anti-oxydantes piégeant les radicaux libres et prolongeant de ce fait la durée de vie des abeilles d’hiver. Une étude menée par les chercheurs de l'Inra, en collaboration avec l'Acta et l'Itsap, a permis de démontrer que les abeilles qui bénéficient de ces ressources florales tardives, développent un corps gras, des réserves énergétiques et une hemolymphe très riche en vitellogenine et peuvent de ce fait atteindre des taux de survie hivernale d'environ 90%. Les colonies composées d'individus avec des faibles taux de vitellogénine présentaient un taux de survie hivernale de seulement 60%. Le seul moyen d’améliorer la vitalité de nos colonies d’abeilles et d’augmenter leurs chances de survie hivernale est donc de mettre à leur disposition des ressources florales très diversifiées et qui couvrent leurs besoins en pollen durant toute l’année apicole.

Lien : https://www.techno-science.net/actualite/survie-hivernale-colonies-abeilles-melliferes-N16009.html

Avr 2019

Des soirées d’information et de perfectionnement pour nos membres.

Suite à de nombreuses demandes (et propositions), Richard et Robert ont eu la bonne idée d’organiser plusieurs soirées d’information pour parler de thèmes biens précis et importants concernant l’abeille, l’apiculture, les ruches, la biodiversité... La demande a été faite par de nombreux membres qui se posent des questions sur certains sujets et qui pourront ainsi trouver des réponses soit de la part de l’intervenant soit parmi l’assemblée. D’autres thèmes concernant directement ou indirectement les apiculteurs pourront aussi être abordés (varroas, frelon, maladies, fiscalité…) D’ores et déjà, il est prévu une soirée le 29 mars prochain concernant « la sortie de l’hivernage », en avril exceptionnellement deux soirées seront organisées, l’une aura lieu le 12 avril « pollen et récolte du pain d’abeille » l’autre aura lieu le 26 avril et parlera des « méthodes d’élevage de reines sans picking ». Pour chaque soirée dont vous trouverez le programme avec le lien ci-dessous, un apiculteur spécialisé sur la question fera un exposé sur le sujet, puis la parole sera donnée à l’assistance. Par des discutions et des débats, les membres de notre syndicat pourront ainsi s’informer, débattre et pour certains peut être s’instruire et se perfectionner sur des sujets spécifiques. En principe, (selon la disponibilité des intervenants), ces débats auront lieu une fois par mois dans la salle de cours du Rucher Ecole, le dernier vendredi de chaque mois, le soir à 19 heures. Chaque mois, vous serez informés par un mail de notre président de la date et du sujet abordé.

Programme des soirées pour l’année 2019

Mar 2019

Participez à l’enquête de notre syndicat sur les pertes hivernales de colonies d’abeilles.

Comme chaque année, l’objectif est d’évaluer, de comparer et de mieux comprendre les pertes hivernales du cheptel apicole de notre syndicat pour l’hiver 2018/2019. Il s’adresse à tous les apiculteurs du syndicat des apiculteurs de Thann et environs, quels que soient le nombre de ruches et le niveau de pertes hivernales. En répondant à notre questionnaire simplifié en ligne, vous permettrez à notre syndicat de mieux maîtriser les pertes hivernales par comparaison aux pertes de notre département, de notre région et des syndicats voisins. Seul un grand nombre de réponses permet d’avoir une bonne représentation de la situation et d'obtenir l’estimation la plus juste du taux de pertes hivernales. Nous vous serions donc très reconnaissants de prendre une petite minute de votre temps pour répondre au questionnaire qui s’ouvrira avec lien ci-dessous.

ICI le lien pour nous transmettre en ligne vos pertes hivernales 2018-19 (réservé aux membres du syndicat).

Mar 2019

Des nouvelles du varroa

Pour lutter contre la varroase, la situation actuelle sur le terrain est disparate et désordonnée : beaucoup de méthodes de traitement plus ou moins efficaces existent et certaines ne sont malheureusement pas très saines pour l’apiculteur, les abeilles et pour le miel qu’elles produisent. Les apiculteurs ne savent plus à quel saint se vouer et près de 20 % d’entre eux vont jusqu’à ne pas traiter leurs colonies. Parmi les 80 % restant, certains utilisent des produits naturels qui n’ont qu’une efficacité limitée, d’autres bien qu’utilisant des produits efficaces ne traitent pas dans de bonnes conditions ou au bon moment. Tout cela entraîne quelquefois des pertes hivernales importantes de plus de 50 % alors que la mortalité normale devrait se situer entre 5 et 10 %. Les avancées scientifiques dans la lutte contre « Varroa destructor » sont nombreuses, car même si aucun produit révolutionnaire n’a été mis sur le marché ces derniers temps, la lutte contre cet acarien continu et chaque jour de nouvelles informations sortent des laboratoires pour améliorer les connaissances sur les varroas. Ne dit-on pas, que pour bien combattre un ennemi, il faut bien le connaître ! Ainsi des scientifiques américains viennent de publier un document qui montre que les varroas ne se nourrissent pas seulement de l’hémolymphe de l’abeille comme on le pensait jusqu’à présent, mais ils aiment tout particulièrement se nourrir de leur corps gras. Bien sûr cela n’aide que très peu l’apiculteur qui cherche un bon traitement, mais cette information est très importante pour les chercheurs qui développent les médicaments. On peut par exemple imaginer la mise au point d’un médicament acaricide « liposoluble » qui se fixera dans le corps gras des abeilles et qui sera donc consommé par le varroa.

Ici un article très intérressant

Jan 2019

Le langage des fleurs

On savait depuis longtemps que les fleurs communiquent avec les insectes par des couleurs et des odeurs, mais des recherches récentes étendent aux plantes des notions de communication par des sons et des vibrations. La communication des plantes et plus particulièrement des fleurs se caractérise par la transmission d'un signal émis dans un but précis vers un récepteur, qui le perçoit, le décode et réagit en conséquence. Ce peut être un dialogue si le récepteur répond au message par un autre signal. Le récepteur peut être aussi bien une autre plante, une autre fleur ou un insecte. Les fleurs ont donc aussi des capacités de perception des sons et des vibrations comparables à celles des animaux, mais cette perception est plus diffuse et non exercée par des organes localisés (comme les yeux ou les oreilles...). En effet, ce sont par exemple des cellules sensibles à la lumière (via des pigments photosensibles) ou d’autres sensibles aux sons et aux vibrations qui pourraient leur permettent de capter des signaux variés venant de l’environnement, d’animaux, d’insectes ou d’autres plantes. Comme il y a des cellules réceptrices, il y aurait aussi des cellules qui leur permettraient d’émettre des signaux et d’échanger des informations. Mais que peuvent-elles bien se dire... ?

Lien : https://www.nationalgeographic.fr/environnement/2019/01/les-fleurs-peuvent-entendre-les-abeilles-leur-nectar-nen-est-que-plus-sucre?fbclid=IwAR3ZC4I11537rMc7sX-2yi-mTkb0oK9fRsLI0DrFNdgpJSUnhDYClBlPZY8

Jan 2019

Encore une source mellifère détruite…

Il était pourtant beau et fier de nourrir tous les pollinisateurs du quartier du Riegelsbourg, ce grand Aulne couvert de lierre… L’été dernier, on s’en souvient tous, alors qu’il régnait une chaleur écrasante sur notre ville, il projetait son ombre immense dans la rue rafraîchissant ainsi le bitume brûlant. Ses grandes feuilles touffues tamisaient le bruit, éliminaient le CO2, absorbaient les nanoparticules, amélioraient l’écosystème et la biodiversité de ce quartier de la ville de Thann. Alors que par la plantation d’arbres, tant de villes anticipent le réchauffement climatique, l’augmentation de la pollution au CO2 et aux nanoparticules, d’autres villes au contraire font fonctionner les tronçonneuses. Pourquoi nos élus se sentent-ils obligés de détruire ainsi notre fragile écosystème ? Que reste-t-il maintenant cet arbre majestueux presque centenaire que nous aimions tant…

arbre

Dec 2018

Un vaccin contre la loque américaine.

Tout apiculteur connaît cette maladie qui fait peur, car depuis l’interdiction des antibiotiques, le seul moyen pour limiter les dégâts est de brûler toute la ruche, afin d’éviter qu’elle en contamine d’autres. La maladie infecte les larves qui meurent et se décomposent dans une masse collante. La maladie se répand à vitesse « grand V » dans toute la colonie. Le futur verra peut-être les abeilles se faire vacciner contre cette maladie, car deux chercheurs finlandais viennent d’annoncer la création du tout premier vaccin pour abeilles, nommé le « PrimeBEE ». Il servira à protéger nos abeilles contre la loque américaine, qui ravage les ruchers de certains pays d’Europe et d’Amérique. Le principe est le même que pour les vaccins utilisés pour l’humain. C’est par l’intermédiaire de la vitellogénine (une lipoprotéine contenue naturellement dans le vitellus de la gelée nourricière et la gelée royale) que les anticorps de la maladie sont fabriqués. Ils sont donnés (par voie orale) dans de la gelée royale à la reine qui produira alors durant toute sa vie des œufs immunisés contre la maladie. Avec une moindre efficacité, les abeilles nourrices issues de ces œufs immunisés produiraient elles aussi du vitellus contenant ces anticorps. Même les reines de seconde génération pourraient elles aussi produire encore des œufs immunisés. On voit une fois encore, l’importance de la vitellogénine et du vitellus fabriqué dans les glandes hyopharyngiennes des abeilles nourrices grâce au pollen. Cette protéine pourrait dans un futur proche permettre la production d’anticorps d’autres infections due à des bactéries. Une telle vaccination par voie orale pourrait même s’appliquer à tous les animaux dont les œufs contiennent de la vitellogénine (gallinacés, poissons, insectes…). De quoi créer une petite révolution scientifique.

Article en anglais

Dec 2018