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Rucher Ecole Enchenberg

Les actualités du syndicat des apiculteurs de Thann et environs et du monde des abeilles.

Cette page présente nos activités au Rucher école, les actualités du syndicat des apiculteurs de Thann et environs et des articles concernant le monde apicole et le monde des abeilles.

Précieuse Vitellogenine…

La situation des ruchers à proximité des rares plantes en fleurs en fin d'été et à l'automne est une chance pour l’abeille. Les pollens frais récoltés sur les dernières fleurs de l’année permettent aux abeilles d’hiver qui naissent à cette époque de faire le plein d’oligo-éléments précieux pour la santé de l’abeille, mais surtout de lipoprotéines et notamment la vitellogenine. Cette vitellogenine est précieuse parce qu’elle est à l’origine du vitellus dans lequel sont fabriqués les anticorps des abeilles et parce qu’elle a de fortes propriétés anti-oxydantes piégeant les radicaux libres et prolongeant de ce fait la durée de vie des abeilles d’hiver. Une étude menée par les chercheurs de l'Inra, en collaboration avec l'Acta et l'Itsap, a permis de démontrer que les abeilles qui bénéficient de ces ressources florales tardives, développent un corps gras, des réserves énergétiques et une hemolymphe très riche en vitellogenine et peuvent de ce fait atteindre des taux de survie hivernale d'environ 90%. Les colonies composées d'individus avec des faibles taux de vitellogénine présentaient un taux de survie hivernale de seulement 60%. Le seul moyen d’améliorer la vitalité de nos colonies d’abeilles et d’augmenter leurs chances de survie hivernale est donc de mettre à leur disposition des ressources florales très diversifiées et qui couvrent leurs besoins en pollen durant toute l’année apicole.

Lien : https://www.techno-science.net/actualite/survie-hivernale-colonies-abeilles-melliferes-N16009.html

Avr 2019

Des soirées d’information et de perfectionnement pour nos membres.

Suite à de nombreuses demandes (et propositions), Richard et Robert ont eu la bonne idée d’organiser plusieurs soirées d’information pour parler de thèmes biens précis et importants concernant l’abeille, l’apiculture, les ruches, la biodiversité... La demande a été faite par de nombreux membres qui se posent des questions sur certains sujets et qui pourront ainsi trouver des réponses soit de la part de l’intervenant soit parmi l’assemblée. D’autres thèmes concernant directement ou indirectement les apiculteurs pourront aussi être abordés (varroas, frelon, maladies, fiscalité…) D’ores et déjà, il est prévu une soirée le 29 mars prochain concernant « la sortie de l’hivernage », en avril exceptionnellement deux soirées seront organisées, l’une aura lieu le 12 avril « pollen et récolte du pain d’abeille » l’autre aura lieu le 26 avril et parlera des « méthodes d’élevage de reines sans picking ». Pour chaque soirée dont vous trouverez le programme avec le lien ci-dessous, un apiculteur spécialisé sur la question fera un exposé sur le sujet, puis la parole sera donnée à l’assistance. Par des discutions et des débats, les membres de notre syndicat pourront ainsi s’informer, débattre et pour certains peut être s’instruire et se perfectionner sur des sujets spécifiques. En principe, (selon la disponibilité des intervenants), ces débats auront lieu une fois par mois dans la salle de cours du Rucher Ecole, le dernier vendredi de chaque mois, le soir à 19 heures. Chaque mois, vous serez informés par un mail de notre président de la date et du sujet abordé.

Programme des soirées pour l’année 2019

Mar 2019

Participez à l’enquête de notre syndicat sur les pertes hivernales de colonies d’abeilles.

Comme chaque année, l’objectif est d’évaluer, de comparer et de mieux comprendre les pertes hivernales du cheptel apicole de notre syndicat pour l’hiver 2018/2019. Il s’adresse à tous les apiculteurs du syndicat des apiculteurs de Thann et environs, quels que soient le nombre de ruches et le niveau de pertes hivernales. En répondant à notre questionnaire simplifié en ligne, vous permettrez à notre syndicat de mieux maîtriser les pertes hivernales par comparaison aux pertes de notre département, de notre région et des syndicats voisins. Seul un grand nombre de réponses permet d’avoir une bonne représentation de la situation et d'obtenir l’estimation la plus juste du taux de pertes hivernales. Nous vous serions donc très reconnaissants de prendre une petite minute de votre temps pour répondre au questionnaire qui s’ouvrira avec lien ci-dessous.

ICI le lien pour nous transmettre en ligne vos pertes hivernales 2018-19 (réservé aux membres du syndicat).

Mar 2019

Des nouvelles du varroa

Pour lutter contre la varroase, la situation actuelle sur le terrain est disparate et désordonnée : beaucoup de méthodes de traitement plus ou moins efficaces existent et certaines ne sont malheureusement pas très saines pour l’apiculteur, les abeilles et pour le miel qu’elles produisent. Les apiculteurs ne savent plus à quel saint se vouer et près de 20 % d’entre eux vont jusqu’à ne pas traiter leurs colonies. Parmi les 80 % restant, certains utilisent des produits naturels qui n’ont qu’une efficacité limitée, d’autres bien qu’utilisant des produits efficaces ne traitent pas dans de bonnes conditions ou au bon moment. Tout cela entraîne quelquefois des pertes hivernales importantes de plus de 50 % alors que la mortalité normale devrait se situer entre 5 et 10 %. Les avancées scientifiques dans la lutte contre « Varroa destructor » sont nombreuses, car même si aucun produit révolutionnaire n’a été mis sur le marché ces derniers temps, la lutte contre cet acarien continu et chaque jour de nouvelles informations sortent des laboratoires pour améliorer les connaissances sur les varroas. Ne dit-on pas, que pour bien combattre un ennemi, il faut bien le connaître ! Ainsi des scientifiques américains viennent de publier un document qui montre que les varroas ne se nourrissent pas seulement de l’hémolymphe de l’abeille comme on le pensait jusqu’à présent, mais ils aiment tout particulièrement se nourrir de leur corps gras. Bien sûr cela n’aide que très peu l’apiculteur qui cherche un bon traitement, mais cette information est très importante pour les chercheurs qui développent les médicaments. On peut par exemple imaginer la mise au point d’un médicament acaricide « liposoluble » qui se fixera dans le corps gras des abeilles et qui sera donc consommé par le varroa.

Ici un article très intérressant

Jan 2019

Le langage des fleurs

On savait depuis longtemps que les fleurs communiquent avec les insectes par des couleurs et des odeurs, mais des recherches récentes étendent aux plantes des notions de communication par des sons et des vibrations. La communication des plantes et plus particulièrement des fleurs se caractérise par la transmission d'un signal émis dans un but précis vers un récepteur, qui le perçoit, le décode et réagit en conséquence. Ce peut être un dialogue si le récepteur répond au message par un autre signal. Le récepteur peut être aussi bien une autre plante, une autre fleur ou un insecte. Les fleurs ont donc aussi des capacités de perception des sons et des vibrations comparables à celles des animaux, mais cette perception est plus diffuse et non exercée par des organes localisés (comme les yeux ou les oreilles...). En effet, ce sont par exemple des cellules sensibles à la lumière (via des pigments photosensibles) ou d’autres sensibles aux sons et aux vibrations qui pourraient leur permettent de capter des signaux variés venant de l’environnement, d’animaux, d’insectes ou d’autres plantes. Comme il y a des cellules réceptrices, il y aurait aussi des cellules qui leur permettraient d’émettre des signaux et d’échanger des informations. Mais que peuvent-elles bien se dire... ?

Lien : https://www.nationalgeographic.fr/environnement/2019/01/les-fleurs-peuvent-entendre-les-abeilles-leur-nectar-nen-est-que-plus-sucre?fbclid=IwAR3ZC4I11537rMc7sX-2yi-mTkb0oK9fRsLI0DrFNdgpJSUnhDYClBlPZY8

Jan 2019

Encore une source mellifère détruite…

Il était pourtant beau et fier de nourrir tous les pollinisateurs du quartier du Riegelsbourg, ce grand Aulne couvert de lierre… L’été dernier, on s’en souvient tous, alors qu’il régnait une chaleur écrasante sur notre ville, il projetait son ombre immense dans la rue rafraîchissant ainsi le bitume brûlant. Ses grandes feuilles touffues tamisaient le bruit, éliminaient le CO2, absorbaient les nanoparticules, amélioraient l’écosystème et la biodiversité de ce quartier de la ville de Thann. Alors que par la plantation d’arbres, tant de villes anticipent le réchauffement climatique, l’augmentation de la pollution au CO2 et aux nanoparticules, d’autres villes au contraire font fonctionner les tronçonneuses. Pourquoi nos élus se sentent-ils obligés de détruire ainsi notre fragile écosystème ? Que reste-t-il maintenant cet arbre majestueux presque centenaire que nous aimions tant…

arbre

Dec 2018

Un vaccin contre la loque américaine.

Tout apiculteur connaît cette maladie qui fait peur, car depuis l’interdiction des antibiotiques, le seul moyen pour limiter les dégâts est de brûler toute la ruche, afin d’éviter qu’elle en contamine d’autres. La maladie infecte les larves qui meurent et se décomposent dans une masse collante. La maladie se répand à vitesse « grand V » dans toute la colonie. Le futur verra peut-être les abeilles se faire vacciner contre cette maladie, car deux chercheurs finlandais viennent d’annoncer la création du tout premier vaccin pour abeilles, nommé le « PrimeBEE ». Il servira à protéger nos abeilles contre la loque américaine, qui ravage les ruchers de certains pays d’Europe et d’Amérique. Le principe est le même que pour les vaccins utilisés pour l’humain. C’est par l’intermédiaire de la vitellogénine (une lipoprotéine contenue naturellement dans le vitellus de la gelée nourricière et la gelée royale) que les anticorps de la maladie sont fabriqués. Ils sont donnés (par voie orale) dans de la gelée royale à la reine qui produira alors durant toute sa vie des œufs immunisés contre la maladie. Avec une moindre efficacité, les abeilles nourrices issues de ces œufs immunisés produiraient elles aussi du vitellus contenant ces anticorps. Même les reines de seconde génération pourraient elles aussi produire encore des œufs immunisés. On voit une fois encore, l’importance de la vitellogénine et du vitellus fabriqué dans les glandes hyopharyngiennes des abeilles nourrices grâce au pollen. Cette protéine pourrait dans un futur proche permettre la production d’anticorps d’autres infections due à des bactéries. Une telle vaccination par voie orale pourrait même s’appliquer à tous les animaux dont les œufs contiennent de la vitellogénine (gallinacés, poissons, insectes…). De quoi créer une petite révolution scientifique.

Article en anglais

Dec 2018

AG du syndicat des apiculteurs de Thann et environs.

Ami(e)s apicultrices et apiculteurs, l’année 2018 a été bien remplie pour nous comme pour nos abeilles. Elles ont bien travaillé et ont bien mérité ce repos hivernal. Comme nous, apiculteurs, sans doute pensent-elles déjà à la saison à venir. Mais avant de songer à la saison prochaine, il faut penser aux fêtes de fin d’année et à l’assemblée générale de notre association, qui aura lieu le 12 janvier prochain à partir de 17 heures. Mais ATTENTION en raison de travaux, l’AG ne se fera pas au restaurant habituel, elle aura lieu au Cercle St Thiébaut - 22 Rue Kléber à Thann. L’enceinte du cercle étant interdit aux véhicules, vos voitures devront être stationnées sur le parking du « Match » qui se trouve à une cinquantaine de mètres de la salle (voir le plan ci-dessous). Comme chaque année, on fera le bilan de l’année écoulée, l’examen et l’approbation des rapports et comptes. On parlera aussi des projets pour l’année 2019. Après l’AG, on pourra (pour ceux qui le veulent), se retrouver autour d’une table et d’un bon repas pour parler longuement de ruches, d’abeilles, de miel.... De plus amples informations vous seront communiquées dans les jours qui viennent par courrier dans « l’Echo du rucher n°48 ». Nous espérons vous voir bientôt et très nombreux à cette AG, mais en attendant, le président et tous les membres du comité vous souhaitent de tout cœur de très heureuses fêtes de fin d’année.

Plan en format.pdf pour accéder à la salle du cercle St Thiébaut.

sapin JN bougie

Dec 2018

La St Ambroise avec modération au rucher école…

D’après la légende, son père découvrit qu’une colonie d’abeilles s’était installée dans sa bouche, alors qu’il était encore dans son berceau. Le bébé devenu adulte, devint évêque de Milan et n’eut de cesse de défendre la chrétienté face aux empereurs de Rome. Au rucher école, tous les ans le 7 décembre, nous fêtons St Ambroise, le saint patron des apiculteurs en allumant des bougies en cire d’abeille à sa mémoire et en levant un petit verre de vin à la santé de tous les apiculteurs et de leurs abeilles.

ambroise

Dec 2018

Retour sur les pertes hivernales 2017/2018.

La plateforme ESA vient de publier les résultats de l’enquête nationale pour l’estimation du taux de mortalité des colonies d’abeilles durant la saison d’hivernage 2017-2018. Vous y avez peut-être participé et comme moi vous avez alors reçu le fichier pdf (lien ci-dessous) contenant les résultats de ce sondage. Le taux de mortalité moyen sur l’ensemble du cheptel français est dramatique puisque près de 30 % des colonies d’abeilles sont mortes. Pour un quart des apiculteurs, les pertes s’élèvent à plus de 50%. Et comme on peut le voir dans ce document, ce sont « les petits apiculteurs » qui ont subi les pertes les plus lourdes. Dans aucun département français, les pertes passent sous la barre des 10% et dans la majorité d’entre eux le taux est compris entre 10 et 40%. Pour le département du Haut-Rhin, les pertes s’élèvent à 33.6 %, c’est-à-dire un taux dans la moyenne haute des pertes nationales. Ce qui est étonnant, c’est l’écart par rapport aux départements voisins comme le Bas-Rhin (15.7%), les Vosges (13.8%), la Haute-Saône (11.4%) et le Territoire (23.2%). Certains apiculteurs ont malheureusement fait courir le bruit qu’il faut répondre aux questionnaires uniquement en cas de fortes pertes, il est donc possible que la plupart des réponses du Haut-Rhin soient celles d’apiculteurs ayant eu de fortes pertes. Les pertes au sein de notre syndicat étant de 15%, il est probable que la réalité pour le Haut-Rhin soit plus proche des 15% que des 33.6% avancés par la plateforme ESA. Dans l’ensemble, les résultats de cette enquête sont tout de même très inquiétants…

Résultats de la plateforme ESA en format pdf

Nov 2018

Concours des miels d’Alsace 2018.

Cinq juges dégustateurs de notre syndicat étaient présents au concours des miels qui s’est déroulé le 6 octobre dernier à Colmar. Plus de 300 miels étaient présentés cette année, ce qui démontre que l’année apicole 2018 n’a pas été trop mauvaise puisque l’année dernière, seuls 175 miels étaient jugés. Nous aurons sans doute l’occasion de reparler de la production de cette année... mais il est à noter que, les miels de sapins, de châtaigniers et d’acacias ont été relativement rares contrairement aux très nombreux miels de forêts, de fleurs et de tilleuls. Les membres du syndicat de Thann ont eux aussi été nombreux à participer au concours, puisque pas moins de 16 miels ont été présentés. Tous les miels ont été jugés conformes, mais seulement 13 ont été récompensés par 3 médailles d’or, 5 médailles d’argent et 5 de bronze. Bravo aux juges dégustateurs et félicitations à Daniel, Vincent, Christian, Robert et Robert, Richard, Françoise, et Fred, heureux lauréats qui gratifient notre syndicat de 13 médailles.

concours

Oct 2018

Le moment des déclarations des ruches est venu.

Comme chaque année du 1er septembre au 31 décembre, il nous faut faire la déclaration des ruches auprès du ministère de l’agriculture. Comme vous le savez, en principe cette déclaration n’a rien à voir avec la déclaration des revenus provenant de la vente de miel. Cette déclaration a simplement pour but de comptabiliser le nombre total de colonies d’abeilles sur le territoire français, et ce, afin d’obtenir des subventions de l’UE en rapport avec le nombre de ruches. Le ministère de l’agriculture nous demande donc de déclarer toutes les colonies d’abeilles qu’elles soient en ruches productrices, en ruchettes ou en ruchettes de fécondation/nucleï. Par ce recensement, l’action des différents groupements sanitaires départementaux est aussi grandement facilitée et l’efficacité des interventions est grandement simplifiée en cas de maladies contagieuses par exemple. Pour le déclarant la procédure est très simple et très rapide si la déclaration est faite par internet puisqu’il suffit de remplir le formulaire Cerfa 13995*04 via le site http://mesdemarches.agriculture.gouv.fr. Pour ceux qui préfèrent faire une déclaration papier par poste, le formulaire Cerfa 13995*04 est disponible en format.pdf imprimable sur la page principale de notre site. Une fois rempli, le formulaire doit être envoyé par poste à l’adresse indiquée sur le formulaire.

Lettre de la DGAL

Lien pour déclaration par internet : https://agriculture-portail.6tzen.fr/default/requests/Cerfa13995/

Formulaire Cerfa 13995*04 à imprimer

Sept 2018

Inauguration du rucher Maurice Bueb.

Le 15 août dernier, 8 courageux membres du syndicat ont nettoyé les environs du rucher. Les arbres ont été élagués, les herbes, orties et ronces ont été coupées. Le bâtiment lui-même qui avait été récemment repeint et dont la couverture avait été refaite, a été rangé et nettoyé à l’intérieur. Le rucher qui contient déjà plusieurs ruches productrices et plusieurs nucleïs, est donc prêt à accueillir de nombreuses autres colonies d’abeilles dans ce cadre magnifique. La cérémonie d’inauguration était un évènement très attendu, notamment par tous ceux qui depuis un an ont courageusement travaillé pour remettre en état ce magnifique rucher. L’inauguration officielle du « Rucher Maurice Bueb » (anciennement Rucher du Rothrain) a donc eu lieu le 25 août en présence du maire de Jungholtz Monsieur Guy HABECKER et de tous ceux qui ont participé de près ou de loin aux différents travaux de rénovation. L’ambiance était chaleureuse et malgré une météo fraîche et pluvieuse, les membres présents ont trinqué à la santé de tous les apiculteurs et de leurs abeilles.

groupe

ruban

août 2018

Pertes et températures hivernales...

Comme vous le savez, durant l’hiver 2016/17, une grande partie des pertes hivernales étaient dues à une récolte tardive (en août et septembre 2016) de miellat de résineux. Ce miellat, sur lequel les colonies ont hiverné, a été malheureusement fatal à un grand nombre d’entre elles. Nous avons constaté depuis plusieurs années une corrélation presque parfaite entre la mortalité hivernale et le nombre de jours de « grands froids ». Grâce à cela, nous avons pu estimer les pertes dues à ce miellat durant l’hiver 2016/17. Par extrapolation, comme le montre le graphique ci-dessous, c’est 5 à 7 % des pertes qui sont dues à cette miellée tardive de miellat. On peut également constater que sur la période des 6 dernières années, la mortalité hivernale moyenne se situe aux environs de 15 % du cheptel hiverné. Les pertes de l’hiver 2017/2018 se situent justement proche de cette moyenne.

graphique

Graphique des températures : Les barres mauves indiquent le nombre de jours où les températures ont été inférieures à zéro degré durant les 6 mois d’hiver, c’est-à-dire : d’octobre à mars de l’année suivante (Exemple : d’octobre 2012 à mars 2013). Le nombre de jours de très grands froids a été obtenu grâce à la « Data Base » du site : http://icare.cinq.free.fr/meteo/statistiquesannuelles.htm

Graphique des pertes hivernales : Les barres bleues indiquent en % les pertes hivernales de colonies d’abeilles au sein du syndicat des apiculteurs de Thann et environs. La barre bleu foncée correspond aux pertes (estimées) dues au miellat durant l’hiver 2016/17.

juil 2018

La France importe du faux miel :

La production de miel français a considérablement chuté. Entre 2016 et 2017, sa production a baissé de 33 %. En cause, bien sûr, le déclin des abeilles puisque chaque année, près de 30 % des colonies d'abeilles disparaissent en France. Pour répondre à la demande, la France importe les trois quarts du miel, principalement depuis la Chine qui a augmenté sa production de près de 200 % en 5 ans. Or, on le sait, ce miel chinois est coupé avec des sucres liquides issus d’amidon de riz ou de maïs. Lorsque vous acheter votre miel en grande surface, savez-vous vraiment d'où vient le miel que vous mangez ? Le plus souvent, il est difficile de savoir d’où provient le miel tant l'étiquetage est flou et l'origine opaque. Actuellement, la loi oblige bien le vendeur à indiquer la provenance, mais pour les miels mélangés importés, qui aujourd'hui représentent 75% des miels consommés en France, c'est une vague mention "mélange de miels originaires/non originaires de l'Union européenne" qui est inscrite. L'Unaf a mis en lumière le risque de miel frelaté parmi les importations venant en particulier de Chine, le premier fournisseur français. Le 27 mars dernier, la commission du « Développement durable » de l'Assemblée nationale a décidé d'imposer une meilleure traçabilité du miel. Elle propose un amendement sur la future loi sur l'alimentation, qui rendrait enfin obligatoire l'indication de chaque pays d'origine pour tous les mélanges miel.

Mai 2018

Peut-être un nouveau traitement de Noséma ceranae:

Noséma ceranae chez l'abeille est due à une espèce de champignon microscopique unicellulaire d'origine asiatique susceptible de provoquer des infections fongiques sur les parois intestinales des abeilles. Chez l'abeille européenne, Noséma ceranae provoque un stress énergétique, une diminution de la durée de vie, une incapacité de vol, une perturbation des phéromones, du comportement de butinage et de l’élevage... Son évolution est continue tout au long de l’année, sans épisodes de rémission et provoque le plus souvent la mort lente de la colonie. Les médicaments disponibles pour soigner Noséma ceranae sont à ce jour peu satisfaisant. Les produits en vente dans les commerces apicoles à base de Thymol et de polyphénols réduisent bien le nombre de spores et améliorent le bien-être des abeilles malades, mais ne guérissent malheureusement pas de cette maladie. Le professeur Derome et les chercheurs du Département de biologie et de l'Institut de biologie intégrative viennent de démontrer que l'ajout de probiotiques à la nourriture des abeilles leur permet de mieux résister au champignon microscopique responsable de la nosémose. Ces probiotiques sont similaires à ceux produits dans l’intestin de Apis mellifera Ceranae qui permettent à cette race d’abeilles de supporter ce champignon sans conséquence sur leur santé. Après seulement deux semaines de tests sur des abeilles infestées par Noséma ceranae, les chercheurs ont constaté que le taux de mortalité était de 40% plus bas chez celles recevant ces probiotiques que pour celles du groupe témoin. Les quatre probiotiques testés ont affiché une efficacité similaire, mais les tests effectués avec « Parasaccharibacter apium» suggèrent que c’est le meilleur candidat. Alors, à quand ce nouveau médicament ?

Lien : https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fevo.2018.00058/abstract

Mai 2018

VICTOIRE pour les abeilles et tous les pollinisateurs.

L'Union européenne a interdit l'utilisation de trois néonicotinoïdes ce vendredi 27 avril. Une majorité de gouvernements européens a voté en faveur de la proposition de la Commission européenne. La clothianidine, l'imidaclopride et la thiaméthoxame sont les pesticides concernés et leur utilisation était déjà restreinte depuis 2013. Elle est désormais définitivement interdite sur toutes les cultures de plein air ! Seul l'usage sous serre restera autorisé, à condition que les plantes et les graines ne quittent pas l'abri. Les trois pricipaux tueurs d'abeilles étaient depuis plusieurs années dans le collimateur de l'Europe et de nombreuses ONG militaient pour une interdiction totale. Plusieurs études ont démontré que ces insecticides agissaient sur le système nerveux des insectes pollinisateurs. Cette décision de l'Europe est un soulagement pour les apiculteurs, car selon les scientifiques, les néonicotinoïdes sont les principaux responsables de la disparition des insectes pollinisateurs ces dernières années. Certains observateurs craignent toutefois un procès de ces "multinationales du toxique" contre l'UE pour faire annuler cette décision. Merci à Pollinis, SumOfUS, Avaaz, Générations futures, Greenpeace et toutes les ONG qui se sont investies avec tous leurs membres pour sauver les abeilles et tous les pollinisateurs.

Lien: https://www.novethic.fr/actualite/environnement/biodiversite/isr-rse/l-europe-interdit-trois-neonicotinoides-tueurs-d-abeilles-145766.html

Avril 2018

Participez à l’enquête de notre syndicat sur les pertes hivernales de colonies d’abeilles.

Comme chaque année, l’objectif de cette enquête est d’évaluer, de comparer et de mieux comprendre les pertes hivernales du cheptel apicole de notre syndicat pour l’hiver 2017/2018. Il s’adresse à tous les apiculteurs du syndicat des apiculteurs de Thann et environs, quel que soit leur nombre de ruches et le niveau de leurs pertes hivernales. En répondant à notre questionnaire simplifié en ligne, vous permettrez à notre syndicat de mieux maitriser les pertes hivernales par comparaison aux pertes départementales et à celles des syndicats voisins de notre région. Comme chaque année aussi, l’ADAGE renouvelle l'enquête sur les pertes hivernales pour le cheptel Français et Européen (Réponse au plus tard le 15 mai 2018). Seul un grand nombre de réponses permet d’avoir une bonne représentation de la situation et d'obtenir l’estimation la plus juste du taux de pertes hivernales. Nous vous encourageons donc à répondre aux deux enquêtes. L’une, celle de notre syndicat ne vous prendra qu’une minute (lien ci-dessous), l’autre de l’ADAGE demande 5 minutes de votre temps.

ICI le lien pour nous transmettre en ligne vos pertes hivernales 2017-18 (réservé aux membres du syndicat).

Enquête Européenne COLOSS : http://www.bee-survey.com/index.php/539119?lang=fr

Avril 2018

L’abeille stimulerait-elle les végétaux ?

Des chercheurs Canadiens ont fait une découverte surprenante. Plusieurs centaines de merisiers ont été plantés à différents endroits d’une province Canadienne. Certains arbres qui étaient proches de ruches ont eu un développement et une croissance parfaite. D’autres, qui n’étaient pas en contact avec les abeilles végétaient, avaient une croissance médiocre, un développement malingre et une floraison étonnamment faible. Les biologistes ont tout d’abord pensé à des différences dans la qualité des sols ou à une différence dans l’exposition, mais aucune raison valable n’a pu être mise en évidence. Ils ont alors déplacé les ruches auprès des plantations dont le développement était mauvais et ont constaté qu’en à peine trois années, le développement de ces arbres devenait normal alors que celui des arbres subitement privé d’abeilles régressait très lentement. Le fait d’être fréquenté par des pollinisateurs aurait-il une influence sur le développement des végétaux ? Et si oui, comme cela semble être le cas, par quel phénomène extraordinaire peut-il y avoir un échange entre insectes et végétaux ? Comme il existe un langage phéromonale entre les abeilles, existerait-il aussi un langage chimique entre les pollinisateurs et les végétaux ?

Avril 2018

Le Haut-Rhin cerné par le frelon asiatique

L’année passée nous avons échappé à l’invasion du frelon asiatique… mais que nous avons eu chaud ! Tous les départements limitrophes du Haut-Rhin sont semblerait-il affectés par ce fléau. Après le département des Vosges en 2016, voici qu’en Franche-Comté et que dans le Bas-Rhin des spécimens du frelon asiatique ont été découverts en 2017. Si nous l’avons échappé belle l’année passée, il est à craindre que pour l’année à venir, nous n’y coupions pas. Dans ces départements, le nombre de frelons semble assez limité pour le moment, mais quand on voit à quelle vitesse, se multiplie cet insecte, le pire est à craindre pour nos abeilles dans les années à venir. Il semblerait que malheureusement il n’y a pas grand-chose à faire si ce n’est le piégeage sélectif au printemps avant que les jeunes reines ne commencent leur nidification. La destruction des nids très tôt au printemps, est semble-t-il la méthode la plus efficace. Mais ceux-ci sont en général situés très haut dans les arbres et difficiles à être découverts au printemps et en été lorsque les feuilles sont encore aux arbres. Si on en localise un, il convient d’être prudent et il ne faut pas s’en approcher à moins de 5 mètres, même avec une protection contre les piqûres d’abeilles. Ne prenez pas le risque de détruire le nid vous-même, faites appel à des professionnels, car ceux-ci ont des tenues spéciales que le dard du frelon ne traverse pas. Sur le domaine privé, c’est une entreprise privée relevant de l’activité « services de désinfection, dératisation et désinsectisation » qui intervient moyennant finance. Sur le domaine public, ce sont les sapeurs-pompiers qui interviennent dès lors qu’il y a un risque particulier pour des tiers. La destruction des nids en hiver (à partir de novembre) n’est plus d’aucune utilité, car les jeunes fondatrices fécondées ont déjà quitté le nid. La population restante va péricliter avec les gelées hivernales. Les quelques fondatrices pouvant rester dans le nid durant l’hiver ne seront très certainement pas aptes à recommencer un cycle et le nid de frelons non détruit ne sera pas réinvesti l’année suivante. Il y a peu de probabilité qu’un nid se reconstruise à proximité immédiate de l’ancien nid l’année d’après. Le nid se dégradera naturellement avec la pluie et les oiseaux.

Progression du frelon asiatique : http://frelonasiatique.mnhn.fr/wp-content/uploads/sites/10/2015/09/Progression_Invasion_Vespa_velutina-Q_Rome_MNHN.gif

Mars 2018

Doit-on créer une abeille génétiquement modifiée ?

Le séquençage du génome de l’abeille en 2006 a ouvert la porte à de nouvelles possibilités, dont celle d’une abeille génétiquement modifiée (AGM). Récemment, des chercheurs ont analysé et comparé l'ADN de 14 sortes d'abeilles issues d'Europe, d'Afrique, du Moyen-Orient, des États-Unis et du Brésil. Ils ont découvert près de 3000 gènes influençant leur adaptation à différents environnements au fil du temps et tous ces gènes sont plus ou moins liés au système immunitaire ou à la capacité à hiverner de l’abeille. L'année dernière, des chercheurs japonais ont appliqué une technique d'édition du génome appelée CRISPR-Cas9, qui permet de modifier facilement l'ADN. Par cette méthode, une équipe américaine a réussi à rendre un moustique résistant au paludisme et prévoit de le libérer dans la nature pour transmettre ce gène de résistance à l'ensemble de l'espèce évitant ainsi les 500 000 victimes humaines annuelles liées à cette maladie. En ce qui concerne Api mellifera, les chercheurs vont tenter d'extraire de certaines abeilles (résistantes a des maladies et a des parasites) des cellules de défense, puis d'utiliser Crispr-Cas9 pour en extraire des gènes bien particuliers. Ces gènes issus de différentes races et qui permettent aux abeilles de se défendre contre certaines maladies et parasites seront ensuite multipliés in vitro, puis implanté dans l’ADN d’une autre abeille qui deviendra alors une abeille génétiquement modifiée. Avec cette méthode, le sperme des mâles porteurs de ces transgènes pourra être recueilli puis utilisé lors de procédures d'insémination artificielle de reines. Les gènes de résistance aux maladies et aux parasites seront ainsi transmis à la progéniture de ces reines. Si l'idée d'une abeille super-résistante est alléchante, il faut toutefois garder en tête les risques qu'elles pourraient représenter. Quels seront les impacts de la modification génétique des abeilles sur environnement, sur les autres insectes, sur le venin injecté à l’humain, sur le miel que nous allons consommer… ? Pour que l’abeille ne disparaisse pas de la surface de la terre doit-on vraiment passer par une AGM ?

Mars 2018

Un hiver qui joue les prolongations

C’est un temps à ne pas mettre une aile dehors. La vague de froid, qui a sévi tout le mois de février a fait grelotter nos abeilles. Alors que mi-mars, des températures enfin agréables leur ont permis quelques sorties, voilà qu’à nouveau des chutes de neige, les condamne à rester à l’abri dans les ruches. A la veille du printemps, il y a des colonies qui n’ont plus de réserves alimentaires, car certains apiculteurs n’ont pas anticipé cet hiver qui n’en finit pas. Quand les stocks sont épuisés, les abeilles qui sont parfaitement bien organisées prennent d’ordinaire l’air pour refaire le plein de nectar et de pollen en butinant les premières fleurs printanières. Mais les gelées de février et de début mars couplées à celles du moment ont empêché les fleurs de fabriquer leur nourriture. Les ruches qui étaient en pénurie de miel n’ont donc pas pu reconstituer leurs réserves sur les premières floraisons. L’élevage ayant commencé depuis bien longtemps, la consommation des colonies est très importante et le chauffage du couvain par ces températures très basses demande aussi une forte consommation de miel. Bref, tout cela n’est pas bon signe en ce début d’année et il est à craindre que de nombreuses colonies vont : soit mourir de faim, soit se développer avec difficulté. Déjà victimes, ces dernières années des pesticides, des maladies, du varroa, du frelon asiatique... voilà que le climat lui aussi s’acharne sur les abeilles.

Mars 2018

Un nouveau traitement contre varroa destructor ?

On ne vous l’apprend pas, les varroas nuisent considérablement aux colonies d’abeilles et contribuent grandement aux fortes pertes des colonies d’abeilles. Les méthodes de traitement actuelles ne sont satisfaisantes ni pour l’apiculteur, ni pour l’abeille. Une étude récente menée par des scientifiques allemands de l’Université de Hohenheim offre une lueur d’espoir grâce au chlorure de lithium. Selon eux, une petite quantité de ce composé chimique suffit à venir à bout de ces acariens, sans pour autant nuire aux abeilles. Ils détaillent cette découverte inattendue, mais bienvenue dans la revue « Scientific Reports ». C’est un peu par hasard, dans le cadre d’autres recherches que ces chercheurs ont découvert que le chlorure de lithium contenu accidentellement dans une solution sucrée administrée aux abeilles, avait un effet acaricide. Des tests supplémentaires ont montré qu’une solution de nourrissement contenant une concentration de seulement 25 millimolaires de chlorure de lithium était suffisante pour éliminer 90 à 100 % des varroas dans les 24 à 72 heures suivant l’ingestion de la solution par les abeilles. Comparée à un simple sirop, cette dose n’a aucun impact sur la survie de l’abeille et son efficacité est surprenante. D’autres sels de lithium (citrate, acétate, sulfate, lactate et carbonate) ont été testés et semblent très efficaces aussi. Le chlorure de lithium présente par ailleurs l’avantage de ne pas être nocif pour les abeilles, les mammifères (notamment l’homme) et est relativement peu coûteux.

Scientific Reports : https://www.nature.com/articles/s41598-017-19137-5

Jan.2018

Apis cerana et varroa destructor.

On sait depuis longtemps qu’Apis cerana (que l’on trouve dans le sud-est de l’Asie) est l'hôte naturel de l'acarien parasite Varroa destructor et de la maladie fongique Nosema ceranae. Apis cerana a adapté son comportement et vit en équilibre avec le parasite, alors que l'abeille domestique européenne Apis mellifera est très sensible à ces deux ravageurs. Le varroa, est passé de l’abeille d’Asie à notre abeille européenne au début des années 1980. Depuis cette invasion, les scientifiques se demandent pourquoi Apis cerana est capable de vivre avec cet acarien, alors qu’il provoque des dommages considérables dans les ruchers d’Apis Mellifera. Ce ne serait qu’une question de temps… dans une centaine d’années l’abeille européenne devrait elle aussi pouvoir se défendre et survivre à ce parasite. En attendant, les scientifiques essaient de comprendre le mécanisme qui permet à cerana de se défendre contre le varroa. Le Centre de Recherches Apicoles Suisse (Agroscope) et l’Institut pour la Santé de l’Abeille (Université de Berne, Suisse) et des partenaires des universités de Chiang Mai en Thaïlande et de Hangzhou en Chine, viennent de publier un article dans une revue scientifique ou ils démontrent que l’attaque de Varroa destructor sur la larve de l’abeille cerana lui serait, en fait, fatale. Les larves mortes ou très affaiblies seraient alors expulsées de la ruche par les abeilles avec la progéniture du varroa. Les varroas femelles contenus sur la larve ne pouvant être fécondées par un mâle dès leur naissance, cela réduirait considérablement le nombre de varroas de la colonie.

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Dec.2017